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Trèbes: le périple meurtrier de Radouane Lakdim 

Les forces de police autour du supermarché de Trèbes.

Les forces de police autour du supermarché de Trèbes. - PASCAL PAVANI / AFP

L'attaque terroriste perpétrée vendredi par Radouane Lakdim a pris la forme d'un périple sanglant, de Carcassonne à Trèbes, où le "soldat de Daesh" a finalement été abattu par le GIGN. Sur sa route, il aura tué trois personnes et blessé seize autres, dont deux grièvement.

Le périple meurtrier de Radouane Lakdim s'est arrêté avec l'assaut du GIGN, donné vendredi en début d'après-midi dans le supermarché Super U de Trèbes: le délinquant de droit commun, suivi par les services de renseignement pour sa radicalisation islamiste, est passé à l'acte "seul" et de manière imprévisible, selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

La carte des lieux des attaques.
La carte des lieux des attaques. © Capture BFMTV

Trois "étapes"

Son aventure sanglante, dont le bilan s'élève pour l'heure à trois morts et seize blessés (dont deux sont dans un état grave), a débuté vendredi aux alentours de 10h30 à Carcassonne. Le terroriste âgé de 26 ans braque d'abord le conducteur d'une Opel blanche, qu'il blesse par balle, avant d'abattre le passager du véhicule. Les faits se déroulent à proximité d'une caserne de Carcassonne.

Croisant un groupe de quatre CRS sorti faire un jogging, Radouane Lakdim, muni d'un pistolet de 9 millimètres, ouvre le feu à cinq reprises, comme l'indique le nombre d'étuis de munitions retrouvés sur place. L'un des fonctionnaires est gravement atteint au poumon. Bien que la balle ait frôlé le cœur du policier, son pronostic vital n'est pas engagé.

Au volant de l'Opel blanche braquée, Radouane Lakdim se rend ensuite au supermarché de Trèbes, petite ville de l'Aude à une quinzaine de minutes en voiture. Entré dans le Super U au cri de "Allahou akbar!", il abat deux personnes, un employé et un client, puis prend en otage un groupe. 

"On est entré faire quelques courses et quelques temps après on a entendu plusieurs détonations, donc je suis allé voir ce qu’il en était", relate sur notre antenne Christian Guibbert, témoin de la scène. Il y avait un homme à terre et une personne très excitée qui avait une arme de poing dans une main, un couteau dans l’autre et qui criait ‘Allahou akbar’."

"J'étais caché dans un rayon, raconte l'ancien policier. Il m’a aperçu et m’a couru après. J’ai pris la fuite, je n’ai pas demandé mon reste. Et puis, je me suis retourné, il n’était plus là. "Je suis allé de l’autre côté du magasin. J’ai pris une sortie de secours, j’ai vu les gendarmes arriver. Je leur ai communiqué sa position avec ce qu’il avait dans les mains."

"Héroïsme"

Appelés sur les lieux, les gendarmes interviennent, alors que Radouane Lakdim a pris en otage une femme. Un lieutenant-colonel du groupement de gendarmerie de l'Aude, âgé de 45 ans, se substitue volontairement à l'otage, e expliqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui a salué "l'héroïsme" de l'officier. Les employés et les clients qui se trouvent dans le supermarché parviennent à prendre la fuite.

"Le lieutenant-colonel avait laissé son téléphone ouvert sur la table. Nous avons pu entendre ce qu'il s'est passé et c'est lorsqu'on a pu entendre les coups de feu que le GIGN est intervenu", a précisé le ministre. Lors de l'assaut donné en début d'après-midi, le GIGN a abattu le suspect. Le gendarme retenu en otage a été gravement blessé par balle par Radouane Lakdim. Au cours de l'assaut, un gendarme de l'antenne GIGN de Toulouse a été blessé par balle à la jambe. Une heure après l'assaut, Daesh a revendiqué cette attaque terroriste.

Louis Nadau