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Terrorisme: 6 projets d'attentats déjoués depuis le début de l'année

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- - Philippe HUGUEN / AFP

Dans un entretien au JDD, Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès de Christophe Castaner et ancien patron des services de renseignement intérieur, estime que la menace terroriste est toujours présente mais que davantage de moyens sont mis en œuvre pour la juguler.

Dans un entretien au Journal du dimanche, Laurent Nunez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur auprès de Christophe Castaner, évoque la menace terroriste en France et les moyens de lutte mis en œuvre, après l'interpellation d'un groupe de militants d'ultradroite qui voulaient cibler Emmanuel Macron pendant les commémorations de l'armistice.

L'ancien patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) commence par donner des chiffres: 55 projets d'"attentats islamistes" ont été déjoués en 5 ans, depuis novembre 2013, et les attentats de Paris. Depuis janvier dernier, il en dénombre six.

Laurent Nunez se félicite à cette occasion du vote de la loi controversée sur la sécurité intérieure, qui assouplit le cadre de certaines mesures de prévention comme les assignations à domicile ou les perquisitions. Selon lui, l'un des attentats déjoués cette année "l'a été grâce à une visite domiciliaire et à l'exploitation immédiate des éléments recueillis".

"Vigilance" face à l'ultradroite, Daesh affaibli

Interrogé sur la nouvelle menace terroriste que pourraient représenter les groupuscules d'ultradroite, comme celui auquel appartenaient les quatre individus mis en examen ce samedi soir, Laurent Nunez se dit "vigilant". Et définit le profil de ces radicalisés:

"Il s'agit de personnes pas toujours connues pour leurs appartenances aux mouvances extrémistes, qui considèrent que les pouvoirs publics n'en font pas assez contre la menace islamiste et créent des milices d'autodéfense pour être prêts 'au cas où'".

Selon lui, un attentat d'ampleur commandité par Daesh est désormais "moins probable", du fait de la "série de revers militaires" subie récemment par l'organisation terroriste, qui a perdu nombre de ses combattants. En revanche, la menace représentée par "des individus vivant en France et passant à l'action avec des moyens rudimentaires", à la manière du terroriste de Nice, est selon lui toujours aussi présente.

"Nous sommes mieux armés qu'hier"

"Le risque zéro n'existe pas, mais nous sommes mieux armés qu'hier. Juridiquement et budgétairement", conclut Laurent Nunez. Il précise également que le budget de la DGSI sera renforcé de 20 millions d'euros en 2019 et que "1900 des 10.000 nouveaux postes dans les forces de l'ordre seront affectés aux services de renseignement".

Claire Rodineau