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Témoignage d'une islamiste repentie: "J'étais une moudjahida"

Comment tombe-t-on dans la radicalisation islamiste? BFMTV a rencontré Fatima, qui s'était radicalisée à une période de sa vie. Aujourd'hui elle a 35 ans et elle regrette.

Fatima a été ce qu'on appelle une islamiste radicale. Alors qu'un rapport sur la déradicalisation vient d'être remis au gouvernement, elle a raconté son expérience à BFMTV. En 2006, alors âgée de 26 ans, Fatima traverse une période difficile, une dépression. Cette habitante de Carpentras, dans le Vaucluse, passe beaucoup de temps sur Internet, et découvre les discours de Ben Laden, facilement accessibles. Elle y trouve des réponses aux questions qu'elle se posait. "Tout était logique, cadré, tout était vrai", explique-t-elle aujourd'hui.

Très vite, son comportement change, tout comme sa pratique de l'islam. Elle s'enferme chez elle derrière des rideaux, pour protéger sa "pudeur", elle cache les photos accrochées aux murs, fait disparaître les CD, ne serre plus les mains des hommes et ne les regarde plus dans les yeux. "Même ma voix avait changé", se souvient-elle. Sa famille observe ce "changement complet", mais ne parvient pas à la raisonner.

"Une doctrine qui n'a pas de pitié"

"Je suis tombée dans une doctrine qui n'a pas de pitié", analyse Fatima, qui s'estime chanceuse de ne pas avoir croisé un réseau organisé à l'époque. Elle aurait alors pu commettre des actions violentes et était prête à "sacrifier sa vie": "J'étais une moudjahida, une combattante".

Fatima a ensuite eu un déclic quand elle est tombée enceinte et s'est sortie peu à peu de cet engrenage. Aujourd'hui musulmane pratiquante, cette titulaire des nationalités française et marocaine dit s'abreuver des "grandes valeurs de la France".

Elle assure que pour prendre en charge les jeunes radicalisés, les autorités doivent absolument s'appuyer sur les musulmans de France, des musulmans capables de montrer à ces jeunes qu'ils se sont trompés.

K. L. avec Céline Martelet