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Simulation d'attaque terroriste à la gare Montparnasse

Les faux terroristes, en réalité des membres des forces de l'ordre, sont félicités par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Les faux terroristes, en réalité des membres des forces de l'ordre, sont félicités par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. - Miguel Medina - AFP

150 membres des forces spéciales étaient mobilisées dans la nuit de mardi à mercredi pour un exercice inédit d'attaque terroriste, puisqu'il rassemblait les trois unités d'élites sous un même commandement: RAID, BRI et GIGN.

Un exercice grandeur nature d'attaque terroriste et de prise d'otages a été organisé dans la nuit de mardi à mercredi, gare Montparnasse, à Paris, laissant pantois certains touristes en début de soirée, inquiets de croiser des patrouilles lourdement armées. Pour mener à bien la simulation, les forces de police et de gendarmerie ont coopéré de manière étroite, sous l'œil du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Récit.

Il est 1h30 du matin cette nuit quand neuf terroristes entrent en même temps dans la gare, et tirent dans la foule. Mouvement de panique, les premières victimes tombent à terre. Les terroristes se séparent en deux groupes: un de trois, et un de six. La BAC parisienne arrive très vite sur place, et neutralise un des assaillants restés dans le hall. Les deux autres terroristes se retranchent dans une salle, avec des otages. Les six autres continuent leur progression vers les quais de train à l'étage. Ils prennent d'assaut deux rames sur le quai n°5. Des otages sont avec eux à l'intérieur du train. Joués par des élèves de l'école de police, ils sont une cinquantaine au total.

L'exercice d'intervention des forces spéciales débute à ce moment-là. La BRI et le RAID arrivent rapidement et demandent le renfort du GIGN, car il y a trois foyers d'intervention, et les forces craignent que les terroristes ne communiquent entre eux et ne se fassent exploser, ou tuent des otages. Il faut donc un assaut parfaitement simultané. 

Un assaut coordonné de la BRI, du GIGN et du RAID 

C'est la première fois qu'un exercice d'attentat rassemble les trois forces. D'habitude, elles s'entraînent plutôt seules ou par binôme: RAID - BRI, RAID - GIGN par exemple. Au total, environ 150 forces spéciales étaient mobilisées pour cet exercice grandeur nature. Un véritable changement de culture, notamment sur le fait que les zones police et gendarmerie soient suspendues en cas d'attentat, et qu'il n'y ait qu'un commandement pour toutes les unités. 

Ce soir là, c'est Jean-Michel Fauvergue, patron du RAID, qui est nommé chef du commandement des trois unités. Un poste de commandement a été dressé dans le hall de la gare Montparnasse, avec un barnum pour chaque unité. Elles sont côte à côte et collaborent pendant toute l'opération: liaison radio sur le même canal, communication permanente entre les trois. Mardi soir, l'entente a évidemment très bien fonctionné entre les unités, faisant taire les rivalités entre police et gendarmerie.

Cazeneuve satisfait 

Quelques minutes après avoir pénétré la gare, les trois unités se positionnent chacune sur leurs lieux d'assaut: les militaires et le RAID sur le quai n°5, la BRI devant la salle où sont retranchés deux assaillants. Soudain, le "top" est donné: les colonnes avancent rapidement, bouclier de protection tendu à l'avant. L'un des terroristes sort de la rame et actionne une fausse ceinture d'explosifs. Dans le hall, tout le monde sursaute: le bruit est très réaliste. 

Un robot de dépiégeage s'avance pour examiner le corps afin de s'assurer qu'il n'y a plus d'explosifs. Le GIGN pénètre ensuite dans la rame, le RAID fait de même. Dans la salle à l'étage inférieur, les "Tango", surnom donné aux terroristes le temps de l'exercice, sont déjà neutralisés. Les "Alpha", soit les otages, sont évacués rapidement, main sur la tête. Quelques minutes plus tard, l'exercice prend fin: zéro otage blessé, neuf terroristes tués.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a assisté aux opérations depuis le poste de commandement, suivant les trois interventions sur des écrans aux côtés des directeurs des unités. Il s'est ensuite exprimé pour se féliciter de la réussite de ce schéma d'intervention "qui n'est pas une rupture, mais un renforcement des procédures actuelles". Des exercices de ce type sont régulièrement organisés en France. L'un d'entre eux a par exemple réuni la police et la gendarmerie lundi, à Cannes.