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Rapatriement de jihadistes: la Cour européenne des droits de l'Homme examinera une requête contre la France

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Des grands-parents demandent le rapatriement de deux enfants âgés de quatre et cinq ans, détenus dans un camp du Kurdistan syrien dans des conditions jugées déplorables.

C'est une première: la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a accepté d'examiner une requête déposée contre la France pour son refus de rapatrier une famille de jihadistes, a annoncé ce lundi l'institution judiciaire du Conseil de l'Europe.

Deux grands-parents avaient saisi début mai la CEDH. La France refuse de rapatrier leur fille née en 1991 et partie en Syrie en 2014, où elle a eu deux enfants âgés de 5 ans et presque 4 ans. Blessés dans la bataille de Baghouz, dernier réduit de Daesh en Syrie, ils sont désormais retenus dans le camp d'Al-Hol, au Kurdistan syrien. Leur état de santé "serait déplorable", selon les requérants.

Aucune décision avant six mois

Premières étapes de la procédure, la CEDH a publié ce lundi un exposé des faits de cette requête, ainsi qu'une liste de questions adressées aux parties, qui ont plusieurs semaines pour répondre.

Ce n'est que par la suite que la CEDH jugera cette requête et décidera de condamner ou non la France. La décision n'est pas à attendre avant "au moins six mois", a précisé la Cour.

"En particulier, la CEDH devra déterminer si le sort de Français retenus à l'étranger relève bien de la juridiction de la France (et donc peuvent lui être imputé)", a relevé sur Twitter le spécialiste du droit européen Nicolas Hervieu.

"Je me réjouis que la CEDH ait accepté d'examiner cette requête pour la première fois. Mais je suis très inquiète pour le sort des enfants et de leurs mères, qui vivent sous des tentes alors qu'il fait -10°C dans les camps", a réagi Marie Dosé, avocate d'enfants et de mères détenus en Syrie.

En avril 2019, le Conseil d'Etat avait rejeté plusieurs recours de Français retenus en Syrie réclamant leur rapatriement en France, estimant que cette question relevait de la diplomatie française et excédait donc sa compétence.

Aucun autre pays du Conseil de l'Europe n'a fait pour le moment l'objet d'une requête de ce type.

C. S. avec AFP