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Nice: les ratés de l'application Alerte Attentat

L'application a été pensée après les attentats du 13 novembre.

L'application a été pensée après les attentats du 13 novembre. - SAIP

Les premières notifications de l'application SAIP sont arrivées plusieurs heures après le drame. Une lenteur critiquée sur les réseaux sociaux. Le prestataire de l'appli a été reçu place Beauvau et le problème devrait être corrigé, assure le ministère.

Le 8 juin dernier, le ministère de l'Intérieur a lancé son application SAIP "Système d'Alerte et d'Information des Population". Cet outil permet à l'utilisateur de recevoir des notifications sur son smartphone "d’une alerte en cours suite à une suspicion d'attentat ou d’événements exceptionnels de sécurité civile (alerte nucléaire, produits dangereux, rupture d’ouvrage hydraulique) susceptibles de résulter d'un attentat".

Il a pourtant fallu attendre 1h30 du matin pour que les premières notifications arrivent lors de l'attaque de jeudi soir à Nice, alors que le drame s'est produit autour de 22h30.

Le déclenchement de SAIP est une prérogative du préfet. Lors du double meurtre de Magnanville, par exemple, il a fait le choix de ne pas l'utiliser. "Durant la soirée, il s’agissait avant tout d’un forcené retranché dans une zone qui a été très rapidement bouclée. Il n’y avait pas d’impératif de communication, et il n’y avait pas spécialement de conseil de prévention à faire parvenir à la population", expliquait alors le ministère de l'Intérieur.

Pourquoi une telle lenteur?

Mais jeudi soir, dès 23h, la préfecture des Alpes-Maritimes évoquait un attentat, demandant aux habitants de rester cloîtrés. L'alerte aurait donc pu être lancée bien plus tôt.

Une lenteur particulièrement critiquée sur les réseaux sociaux. D'autant qu'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique a conseillé d'utiliser le "Safety Check" sur Facebook. 

Daprès le ministre de l'Intérieur, cité par Télérama, "cette appli n'a pas vocation à remplacer nos autres canaux de communication". Le problème est venu du prestataire, "qui a connu une défaillance". La société Deveryware a été convoqué à 15h place Beauvau. "Le tir va être rectifié, ils ont trouvé une solution", assure le ministre de l'Intérieur à Télérama.

Un autre élément de réponse a été donné dès le lancement de l'appli début juin. Dans un entretien à Libération, Gaël Musquet, hacker en résidence à la Fonderie, l’Agence numérique publique d’Ile-de-France, expliquait que cette application s'appuie sur les données internet des smartphones, à savoir 3G, 4G ou wifi, "qui sont potentiellement vulnérables. Quand il y a trop de téléphones dans une certaine zone et pas assez de canaux disponibles pour pouvoir router tous les appels, les antennes-relais sont saturées et elles ne peuvent plus répondre". 

Et il précise : "Quand on sait à l’avance qu’il y aura trop d’appels durant un événement, on installe des antennes-relais supplémentaires pour couvrir le risque de saturation. C’est ce qui va se passer pour l’Euro de foot. Mais en cas de crise imprévue, les infrastructures ne résisteront pas, ni pour les appels, ni pour les SMS, ni pour les données internet".

L'autre élèment de réponse pourrait évidement être un retard du côté de la préfecture. Mais pour l'instant, personne n'a pu répondre à nos questions.

D. L.