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Mohamed Merah a passé près de 2.000 coups de téléphone

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Selon le Monde, un document déclassifié accrédite l'influence cruciale d'Abdelkader, le frère de l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban. Il a joint 94 fois des correspondants en Egypte où ce dernier séjournait.

Mohamed Merah, le tueur à scooter de Toulouse et Montauban, avait passé près de 2.000 coups de téléphone en six mois, de septembre 2010 à février 2011, dont quelque 200 à des correspondants dans 20 pays, selon le Monde daté de vendredi 24 août.

Dans un document du 26 avril 2011, déclassifié à la demande des juges d'instruction, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) note "1.863 communications relevées entre le 1er septembre 2010 et le 20 février 2011", et notamment 186 appels à des correspondants à l'étranger répartis dans 20 pays différents.

Le tueur à scooter, repéré dès 2009 par la DCRI, a notamment joint par SMS ou vocalement 94 fois des correspondants en Egypte où séjournait alors son frère Abdlekader. Il a également appelé son père qui vit en Algérie. D'autres correspondants ont été joints en Grande-Bretagne, en Espagne, en Côte d'Ivoire, au Kenya, en Croatie et même au Bouthan. 23 documents de la DCRI, partiellement déclassifiés, ont été remis début août aux trois juges d'instruction chargés de l'enquête sur les tueries de Toulouse et Montauban.

La piste islamiste accréditée

Ces documents accréditent la piste islamiste et l'influence cruciale du frère de Mohammed Merah, Abdelkader, dans la radicalisation du tueur au scooter. Ils montrent que les services de renseignements avaient repéré Mohamed Merah dès 2009, deux ans après qu'Abdelkader eut été repéré comme membre de la mouvance islamiste radicale de Toulouse. Les deux frères avaient alors fait l'objet d'une surveillance suivie et de plusieurs notes de la DCRI. En 2010, Mohamed avait rejoint Abdelkader en Egypte.

Merah est décrit dans une note comme "la nouvelle recrue toulousaine désireuse d'étudier dans les instituts coraniques du Caire". Selon les enquêteurs, Abdelkader a effectué de nombreux voyages en Egypte en coordination avec un des principaux mis en examen de la filière islamiste toulousaine, Sabri Essid, le fils du compagnon de sa mère.