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Marseille: le jeune suspect ne regrette rien et voulait "mourir en martyr"

Des policiers patrouillent sur les lieux de l'agression, à Marseille.

Des policiers patrouillent sur les lieux de l'agression, à Marseille. - Boris Horvat - AFP

L'auteur présumé de l'agression d'un enseignant juif a été transféré mardi à la sous-direction antiterroriste. Devant les enquêteurs, le lycéen, déféré depuis devant la justice, a livré un témoignage glaçant.

Il ne regrette pas son geste. L'adolescent, auteur présumé de l'attaque à la machette d'un enseignant juif à Marseille et déféré devant la justice mercredi, s'est montré calme et froid mardi lors de son audition devant la sous-direction antiterroriste. Le jeune homme, qui doit fêter ses 16 ans la semaine prochaine, a "revendiqué son geste et exprimé une certaine fierté", affirmant "qu'il avait agi seul", "au nom d'Allah" et du groupe Etat islamique, a précisé une source proche de l'enquête.

Selon nos informations, il a ainsi déclaré aux enquêteurs que s'il avait réussi à tuer sa victime, il l'aurait photographié et l'aurait posté sur Twitter, à l'instar de Yassin Salhi, à l'origine de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, et qui avait pris de macabres clichés après avoir décapité son patron.

Il voulait aussi s'en prendre à des policiers

Dans les locaux de la sous-direction antiterroriste, l'adolescent, d'origine kurde et de nationalité turque, a précisé avoir acheté sa machette il y a dix jours, "pour attaquer des juifs", après avoir vu "des Palestiniens s'en prendre à des juifs à l'arme blanche en Israël". Il projetait également de s'en prendre à des policiers, avec un couteau retrouvé dans son pantalon, et de mourir sous leurs balles "en martyr", indique encore une source proche du dossier. 

Dès son arrestation, le jeune suspect, qui s'est radicalisé seul dans sa chambre grâce à Internet ces derniers mois, a confié avoir agi au nom du groupe Etat islamique, et avoir prêté "virtuellement" allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef auto-proclamé de Daesh. Sans antécédents judiciaires ni psychiatriques, il est issu d'un milieu "classique et normal", et a de bonnes notes au lycée, selon le parquet marseillais.

La justice va devoir désormais mettre en perspective ces déclarations volontairement provocatrices avec son jeune âge. L'enquête se poursuit pour tentative d'assassinat aggravé en raison d'une appartenance religieuse en lien avec une entreprise terroriste. Elle pourrait déboucher très rapidement sur une mise en examen de l'adolescent. 

Alexandra Gonzalez avec Cécile Ollivier