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Marseille: l'inquiétant profil du jeune agresseur de l'enseignant juif

L'agresseur présumé d'un enseignant juif lundi à Marseille est âgé de seulement 15 ans. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait agi seul et se serait radicalisé sur Internet.

Un adolescent totalement inconnu des services de police. Après l'agression d'un enseignant juif dans les rues de Marseille lundi matin, le procureur de Marseille, Brice Robin, a tenu quelques heures après les faits une conférence de presse, livrant ainsi les premiers éléments à disposition des enquêteurs. Notamment sur l'agresseur dont "ni au lycée, ni dans sa famille, rien ne semblait pouvoir préjuger qu’il allait avoir ce type de comportement".

L'adolescent, interpellé après les faits, est âgé de 15 ans et 11 mois. "Il va avoir 16 ans la semaine prochaine", précise le procureur. De nationalité turque et d'origine kurde, le garçon était scolarisé "régulièrement" dans un lycée de Marseille, et est décrit comme un bon élève ayant de bonnes notes. Ce passage à l'acte d'une extrême violence était donc "difficile à prévoir", assure le parquet de Marseille.

Aucun antécédent policier

Interpellé peu après avoir agressé à la machette un enseignant portant une kippa, l'adolescent tenait des propos incohérents. Lors de son premier interrogatoire, il a assuré avoir agi "au nom d'Allah et de l'Etat islamique". "Il s’agit à l’évidence d’une agression à caractère antisémite", précise le procureur. D'après la victime, blessée au dos et à l'épaule, "son intention était de le tuer". Le jeune homme ne comptait pas s'arrêter là. Il portait sur lui un couteau en céramique qu'il voulait utiliser contre des policiers ou des militaires.

Le jeune adolescent qui vit dans une famille "normale", comme le décrit Brice Robin, "n’a aucun antécédent policier, aucun antécédent judiciaire, il ne fait pas l’objet d’un suivi d’assistance éducative". "Il est totalement inconnu des services de renseignements", rappelle aussi Yannick Blouin, le directeur départemental adjoint de la sécurité publique de Marseille. Il ne présente également pour le moment aucun trouble psychiatrique. Des éléments qui coïncident avec les déclarations de l'agresseur présumé qui a assuré devant les enquêteurs s'être radicalisé seul sur Internet.

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Influence de la propagande de Daesh

Pour l'heure, lors des perquisitions qui sont toujours en cours, au domicile familial dans le 9e arrondissement marseillais, "il n’y a aucun signe (de radicalisation, Ndlr), en tout cas visible, à l’intérieur de l’habitation des parents", détaille le directeur départemental adjoint de la sécurité publique de Marseille, décrivant une famille "tombée du placard quand elle a vu les enquêteurs pénétrer chez elle". L'annonce de cet acte a déclenché un vif émoi dans la classe politique.

Dénonçant une "révoltante agression antisémite", Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, voit dans le profil de l'agresseur un témoignage "du risque pour certains individus isolés qui ne sont ni connus des services de police, ni des services de renseignements de passer à l’acte sous l’influence de la propagande diffusée, notamment, par les réseaux sociaux par Daesh."

Justine Chevalier