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Les transports, secteur professionnel le plus touché par la radicalisation en Ile-de-France

En Ile-de-France, 167 personnes travaillant dans les transports publics ont été identifiés comme radicalisées.

En Ile-de-France, 167 personnes travaillant dans les transports publics ont été identifiés comme radicalisées. - Kenzo Tribouillard - AFP

Un fichier, consulté par Le Parisien, a cartographié les personnes surveillées pour radicalisation par département et répertorié leurs secteurs d'activité. En Ile-de-France, les transports, les métiers de la sécurité et l'administration sont les plus touchés par ces phénomènes de radicalisation de leurs employés.

Combien y a-t-il de radicalisés en Ile-de-France et quel métier font-ils? Des données répondant à ces questions ont été réunies dans le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), un rapport confidentiel qu'a pu consulter Le Parisien. Ce fichier permet de cartographier les personnes radicalisées identifiées par un signalement téléphonique au Centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation ou par des informations collectées sur le terrain. 

On apprend ainsi qu'il y aurait en Ile-de-France 4.030 personnes radicalisées en Ile-de-France, exerçant dans trois principaux secteurs d'activité: les transports, les métiers de la sécurité et, dans une moindre mesure, l'administration. Toutes ces personnes font l'objet d'un suivi par les services antiterroristes.

167 individus recensés dans les transports

Les transports arrivent en tête des secteurs les plus concernés par cette radicalisation, dans tous les départements d'Ile-de-France, sauf dans les Yvelines. Un secteur d'activité identifié par le FSPRT comme à risque, en raison d'un contact avec un large public. A Paris, où 1.238 personnes radicalisées ont été recensées, 45 travaillent dans le domaine des transports. Ils sont 46 en Seine-Saint-Denis et 22 dans le Val-de-Marne. En tout, les services de renseignement ont identifié 167 salariés radicalisés dans le secteur des transports franciliens.

La question de la radicalisation dans les transports publics, notamment à la RATP, s'était déjà posée après les attentats de novembre 2015. L'un des terroristes du Bataclan, Samy Amimour, avait travaillé pour le métro parisien. Des incidents liés à la religion auraient également été signalés en particulier sur le réseau de bus. La RATP mais aussi la SNCF ont mis en place une charte de la laïcité obligeant leurs employés à "proscrire toute attitude ou port de signe ostentatoire". 

La sécurité et l'administration aussi touchées

Le domaine de la sécurité est ensuite le deuxième secteur le plus touché par la radicalisation en Ile-de-France. Le FSPRT a ainsi identifié 67 personnes dans cette région. Le Parisien met l'accent sur la sécurité dans les aéroports où 85 habilitations ont été retirées pour des soupçons de radicalisation, ces deux dernières années, à Roissy et Orly. Des retraits qui peuvent être décidés par le préfet en cas de signes de radicalisation, comme le refus de travailler sous l'autorité d'une femme.

Désormais, les nouveaux candidats à ces métiers avec accès aux pistes sont soumis à des vérifications en consultant les fichiers de la police, et des enquêtes de voisinage peuvent être menées en cas de doute. A Roissy, la préfecture de police dispose d'une trentaine d'agents du renseignement. 

Des signalements dans l'Education

Plus à la marge, le FSPRT met en évidence la présence de 34 personnes soupçonnées de radicalisation dans l'administration en Ile-de-France. Elles sont par ailleurs 17 à avoir été recensées dans le domaine de l'éducation.

Depuis 2015, une dizaine d'enseignants ont été suspendus en France pour des motifs de radicalisation, fait savoir le ministère de l'Education au Parisien. Mais dans ce secteur, les professeurs ne sont pas les seuls touchés. Sur l'année 2015-2016, 1.848 élèves scolarisés ont été recensés pour des signes de radicalisation ou des craintes de départ pour le jihad.

C. B