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"Le cri de la ville m'a marqué": le député du Rhône Bruno Bonnell se souvient du 11-Septembre

L'ancien chef d'entreprise travaillait à New York à l'époque des attentats, il y a 20 ans. Il retrace pour BFM Lyon le déroulement de cette journée.

"C'était un jour comme il y en a pas mal à New York à cette époque. C'est-à-dire extrêmement beau, un bleu métallique." Les années passent mais n'altèrent pas les souvenirs que Bruno Bonnell garde du 11 septembre 2001. Le député du Rhône était alors chef d'une entreprise spécialisée dans le monde des jeux vidéo. Pour BFM Lyon, il revient sur ses souvenirs de cette journée marquante.

Il est 9 heures du matin. Comme de nombreux New-Yorkais, Bruno Bonnell est en chemin vers le bâtiment qui héberge sa société, sur la 5e Avenue, près de l'Empire State Building. Il identifie au loin une tour enflammée. "Et puis la deuxième qui soudainement s'embrase, raconte-t-il. Connaissant les lieux, c'était difficile de croire que le feu avait sauté d'une tour à l'autre."

La stupéfaction s'empare rapidement de la ville. "Les voitures commençaient à s'arrêter sur l'avenue et commençaient à faire des commentaires à partir des autoradios. Il y avait beaucoup moins de téléphones portables, beaucoup moins d'information. Les gens commençaient à dire qu'un drone avait atteint une des tours", se remémore le député.

"Agglutinés autour du téléviseur"

En arrivant à son bureau, Bruno Bonnell retrouve son équipe, composée d'une centaine de personnes. Tous ses membres sont "agglutinés autour du téléviseur qui était à la réception, en train de regarder avec horreur ces images de ces tours en flamme. Tout le monde était en pleurs, ne comprenant pas cette mort d'une forme d'insouciance", poursuit l'élu.

La ville se fige dans les minutes qui suivent. "On ne pouvait plus circuler, ni en train, ni en voiture, ni en bateau. On ne pouvait plus sortir de cette île" de Manhattan. Et près de deux heures plus tard, les tours s'effondrent.

"Ce qui m'a le plus marqué, (...) c'est le cri de la ville. Le cri de la ville quand la première tour s'est écroulée. (...) Toute la ville de New-York, des millions de personnes, se sont mises à crier en même temps."

La fumée se répand sur des kilomètres

Bruno Bonnell peine à réaliser ce à quoi il vient d'assister. "On ne pouvait pas concevoir qu'un bâtiment de cette taille puisse s'écrouler comme un château de cartes", explique-t-il.

L'effondrement des tours jumelles génère un important panache de fumée, qui vient alors ternir encore un peu plus le bleu du ciel. Celle-ci se répand jusqu'à l'entreprise de Bruno Bonnell, située à 3 kilomètres de là. "Quand on connait la géographie de New York, ça paraît à la fois très loin et très près, assure-t-il. (...) On a commencé à sentir dans l'air une drôle d'odeur". Il garde en mémoire ces gens qui "quelques heures après, erraient, hagard, dans les rues de New York, tout en blanc. Il y a des gens qui avaient tout perdu".

Impossible de quitter la ville dans les jours qui suivent, se rappelle l'élu. "Un DRH s'était organisé, avait acheté de l'eau, des couvertures pour pouvoir dormir au bureau s'il le fallait", raconte-t-il.

La rumeur d'un troisième avion

"On n'avait pas eu le temps d'avoir peur alors qu'il y avait la rumeur d'un troisième avion qui rentrerait dans l'Empire State Building, se souvient-t-il. (...) Il y avait quand même des gens qui étaient en tension. Il fallait les calmer. (...) Il y a eu un peu d'affolement mais pas tant que ça."

Aujourd'hui, Bruno Bonnell ne s'estime pas porteur d'un traumatisme. "On a plus été choqués par le fait que cette Amérique qui se croyait invulnérable est devenue excessivement fragile. Ça a jeté un doute sur la capacité de ce pays à affronter n'importe quel type de danger", analyse-t-il.

Le député du Rhône assure ce cependant que "c'est certainement une partie de ce 11-Septembre qui (l)'engage (désormais) sur le plan politique à préserver quelque chose qui est la paix et la non-violence".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions