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En quoi consiste la fiche S?

L'individu qui a ouvert le feu ce mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg était fiché S, selon le ministère de l'Intérieur. Mais de quoi s'agit-il exactement? Qu'est-ce que signale et qu'est-ce qu'implique ce fichage des services de renseignements?

L'homme de 29 ans qui a ouvert le feu sur le marché de Noël de Strasbourg et tué trois personnes et blessé douze autres ce mardi soir était connu des services de police et fiché S, pour "sûreté de l'Etat".

La fiche S, outil de surveillance et de contrôle du renseignement français, est l'une des 21 sous-fiches du "fichier des personnes recherchées" créé en 1969. 16 catégories de fiches S existent, parmi lesquelles des combattants jihadistes revenant d’Irak ou de Syrie appartenant à la fiche S14, ou encore des activistes d’extrême gauche ou des hooligans.

"Les chiffres ne renvoient pas à des niveaux de dangerosité", rappelle le site gouvernemental stop-djihadisme.gouv.fr: "Ils renvoient à des types de profils, au genre d’informations à recueillir et aux actions à entreprendre lors d’un contrôle par les forces de l’ordre".

La fiche S, "pas une preuve de culpabilité"

Ces fiches, qui "n'empêchent rien mais permettent de connaître les gens qui y figurent" comme le rappelait Dominique Rizet sur notre antenne en mai dernier. D'une durée de vie de deux ans, elles permettent de se tenir au courant des déplacements des personnes surveillées. Ainsi, lors du contrôle d’une personne fichée S, le service ayant émis la fiche est averti, permettant un suivi de la personne surveillée et la mise en place d'écoutes. Si les services de sécurité jugent qu'une personne fichée ne représente plus de nécessité d'être surveillée, elles ne sont pas renouvelées.

Mais la fiche S "n'est pas une preuve de culpabilité", selon Stop djihadisme et, si elles permettent une surveillance accrue, elles ne peuvent justifier de mesures de détention:

"On est encore dans un Etat de droit. Si l'on veut un Guantanamo sur notre territoire, pourquoi pas, mais on sort de la démocratie et de l’Etat de droit. Dans un Etat démocratique, c’est plus compliqué d’anticiper et d’arrêter avant que ne se produise un crime, mais c’est la règle du 'jeu'", estime Michaël Prazan, auteur de Une histoire du terrorisme, ce lundi sur notre antenne.

Né dans la capitale alsacienne, l'assaillant fréquentait les réseaux radicalisés strasbourgeois et est connu pour des faits de droit commun, a précisé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner mardi soir. 

Jeanne Bulant avec Guillaume Dussourt