BFMTV

Disparition du secrétariat d'État à l'Aide aux victimes: les familles attendent une réponse

Des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat de Nice sur la promenade des Anglais (photo d'illustration)

Des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat de Nice sur la promenade des Anglais (photo d'illustration) - Valéry Hache-AFP

Les associations de victimes des attentats dénoncent la suppression du secrétariat d'État à l'Aide aux victimes. Reçues cette semaine à l'Élysée, elles attendent des engagements du gouvernement.

Inquiétude et incompréhension. Les associations de victimes des attentats sont en colère. Elles dénoncent la suppression du secrétariat d'État à l'Aide aux victimes qui avait été créé en février 2016. Rien n'est pour l'instant prévu dans le gouvernement Philippe II. 

"Il faut absolument maintenir cette structure"

Une décision que ne comprend pas Georges Salines, le père d'une des victimes des attentat du 13 novembre 2015. Pendant dix-huit heures, il est resté sans nouvelles de sa fille. Une éternité avant d'apprendre qu'elle était tombée sous les balles des terroristes au Bataclan. Depuis, il n'a cessé de dénoncer les dysfonctionnements des services de secours.

"Juliette Méadel avait mis en place un secrétariat général à l'Aide aux victimes, une administration qui débutait, qui était un embryon d'administration spécifique, a-t-il déclaré à BFMTV. Donc, il faut absolument maintenir cette structure, qui soit rattachée au Premier ministre."

Dans le précédent gouvernement, c'est le Garde des Sceaux, François Bayrou, qui s'était vu attribuer la coordination de l'aide aux victimes. Juliette Méadel, l'ancienne secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, avait elle-même regretté cette disparition. Mais pas de trace d'un interlocuteur dédié dans le gouvernement Philippe II.

"On avait un système qui marchait plutôt bien"

Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, s'inquiète d'une éventuelle désorganisation.

"On se dit qu'on avait un système qui marchait plutôt bien, qui était utile, efficace, qui avait fait que l'attentat de Nice avait été mieux traité que celui du 13-novembre, indique-t-il pour BFMTV. Et là on a des points d'interrogation. On ne sait pas si c'est le ministère de la Justice qui va s'en occuper, ou le Premier ministre comme l'avait fait Manuel Valls, qui avait mis en place un vrai travail de l'ensemble des ministères. Finalement on se désorganise alors que le risque d'attentat est très présent. On est inquiet."

L'association Fraternité et vérité, qui vient en aide aux victimes des attentats du 13-Novembre, a également dénoncé après le remaniement la suppression de ce secrétariat d'État, qui représente selon elle "une déception", comme elle l'indique sur les réseaux sociaux.

"Il faut que le secrétariat général à l'Aide aux victimes (ou une structure équivalente sous un autre nom) soit rétabli dans sa place auprès du Premier Ministre (et pas à la Justice)."

L'Élysée promet une réponse prochainement

Dans une lettre ouverte au président de la République, l'association Life for Paris et la fondatrice de SOS Attentats se disaient déjà "particulièrement inquiètes" des projets de réorganisation qui leur avaient été présentés. Elles réclamaient la création d'un Haut Commissaire à l'Aide aux victimes qui serait un "interlocuteur unique", faisant la liaison entre les divers ministères concernés par ce sujet (Affaires Sociales, Justice, Famille, Éducation nationale, Travail, Transports, Logement, Finances).

L'Aide aux victimes: un difficile équilibre entre les questions d'éducation, d'emploi, d'imposition, mais aussi de santé, qui nécessite un travail coordonné des différents ministères concernés. Les associations de victimes ont été reçues cette semaine par le cabinet du président de la République, qui leur a promis une réponse prochainement.

Caroline Mier, avec Céline Hussonnois-Alaya