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Suppression du secrétariat d'Etat d'aide aux victimes du terrorisme: les associations interpellent Macron, Philippe et Bayrou

Emmanuel Domenach, de l'association "13 novembre: fraternité et vérité"

Emmanuel Domenach, de l'association "13 novembre: fraternité et vérité" - JACQUES DEMARTHON / AFP

Les associations nées après les attentats de Paris le 13 novembre 2015 s'inquiètent de la refonte de la politique d'aide aux victimes après la suppression du secrétariat dédié et le rapatriement de ses attributions au ministère de la Justice. Ce dernier assure qu'il ne s'agit pas de minorer l'effort fourni en faveur des victimes.

Le ministère de la Justice, désormais responsable de la politique d'aide aux victimes, entend fusionner les deux services qui s'y consacraient jusqu'ici, pour offrir un "guichet unique", sans réduction d'effectifs et avec une forte dimension interministérielle. Concrètement, la Chancellerie entend intégrer l'actuel Service de l'Accès au Droit et à la Justice et de l'Aide aux Victimes (SADJAV) bras opérationnel de l'aide aux victimes, et le Secrétariat Général de l'Aide aux Victimes (SGAV).

La Chancellerie joue l'apaisement 

Davantage tourné vers la coordination interministérielle et la communication, le SGAV avait été créé le 8 février dernier. Après la suppression du secrétariat d'Etat crée après les attentats de 2015, et qui était rattaché directement au Premier ministre, un décret paru le 25 mai a confié au ministre de la Justice le soin de coordonner la politique en matière d'aide aux victimes. "On cumule les forces au lieu de les diviser, il ne s'agit en aucun cas d'une minoration", explique-t-on dans l'entourage du ministre de la Justice François Bayrou, qui a commencé à rencontrer toutes les associations concernées. Celles-ci ont désapprouvé la suppression du secrétaire d'Etat d'Aide aux victimes du terrorisme, comme l'idée de confier cette attribution au ministère de la Place Vendôme. 

Le ministère veut également recruter, puisqu'il reste deux postes à pourvoir sur les huit, à temps plein, que compte le SGAV. La Chancellerie promet également de s'attacher à la coordination entre ministères concernés par l'aide aux victimes, en convoquant prochainement le premier Comité interministériel de l'aide aux victimes, créé récemment mais qui ne s'est encore jamais réuni.

Les associations sceptiques 

Dans une lettre ouverte au président de la République publiée jeudi, l'association "Life for Paris" et la fondatrice de SOS Attentats Françoise Rudetzki se disent "particulièrement inquiètes" des projets de réorganisation qui lui ont été présentés. Elles réclament la création d'un "Haut Commissaire à l'Aide aux Victimes" qui serait un "interlocuteur unique", faisant la liaison entre les divers ministères concernés par ce sujet (Affaires Sociales, Justice, Famille, Education nationale, Travail, Transports, Logement, Finances etc.).

Emmanuel Domenach, administrateur de l'association "13 novembre: fraternité et vérité", voit même dans les mesures récemment annoncés un retour en arrière. 

Le président de la République sollicité

Georges Salines, le président de cette association, comme le note 20Minutes.fr, demande à être reçu par le président de la République. Il ne cache pas son désarroi: "On assiste au détricotage de ce qui a été patiemment construit. Le signal est très mauvais et on demande très clairement à être reçus par l’Élysée".

R.V. avec AFP