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Bordeaux: dans les coulisses du premier centre de déradicalisation de France

Le premier centre officiel de déradicalisation en France a été inauguré samedi à Bordeaux. En exclusivité, BFMTV a pu le visiter. De la prévention à la déconstruction des argumentaires radicaux, les missions de l’équipe sont diverses.

C’est un pas de plus dans la lutte contre le terrorisme. La ville de Bordeaux inaugurait samedi un Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus (Capri) pour repérer et prendre en charge les personnes en voie de radicalisation islamiste.

C’était une promesse de Manuel Valls, après les attentats de janvier et novembre. Alors que des centres similaires existent déjà en Belgique, il s’agit là du premier en France. BFMTV a pu le visiter.

Une équipe, plusieurs rôles

Pour déradicaliser les candidats au jihad, la tâche s’annonce complexe. Toute une équipe travaille main dans la main, de la détection des signes à la prise en charge des personnes endiguées. Responsable de projet, imam ou psychiatre, chacun a un rôle bien précis à jouer pour reconnecter avec des esprits radicalisés.

"Je suis là pour donner un avis technique et pour dire attention, ça, c’est peut-être de la psychiatrie. Le traitement sera donc différent", explique l’expert en santé mentale, Bernard Antoniol.

"Éveiller l’esprit critique"

Pour la partie théologique, c’est l’imam qui entre en jeu. Lui s’attaque à l’argumentaire islamiste, à la déconstruction des discours et des vidéos de propagande. "On a énormément de personnes qui se sont converties, soit par proximité culturelle, soit sur Internet", informe Fouad Sammadi, intervenant théologique et secrétaire général adjoint du Capri.

"Ça serait contre-productif d’être dans le rôle d’un moralisateur. On essaie plutôt d’éveiller leur esprit critique et de leur montrer l’incohérence de la vision de l’islam qu’ils ont", révèle le spécialiste.

"Une approche globale"

Entre psychiatrie et théologie, l’approche est pluridisciplinaire au Capri. C’est d’ailleurs ce qui fait de ce centre une exception en France. "La radicalisation a des causes multiples. Ici, on les traite toutes sans se limiter à une vision centrée sur l’emprise mentale ou sur les difficultés sociales. On a une approche globale du phénomène", résume Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux et porte-parole du Capri.

Cinq jours après l’inauguration du centre, une vingtaine de cas serait déjà traités.

P. P. avec Rym Bey et Eve Castaing