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Beaupréau: la présence d'un ex-terroriste dérange les habitants

Un ancien membre du Groupe islamique armé algérien est en résidence surveillée dans une ville du Maine-et-Loire depuis novembre. Le maire réclame son départ.

Merouane Benahmed n'est plus le bienvenu à Beaupréau, petite commune de 7.000 habitants du Maine-et-Loire, où il est arrivé en novembre dernier. Les élus locaux souhaitent désormais le départ de cet ancien membre du Groupe islamique armé, cloîtré depuis six mois dans une chambre d'hôtel aux frais de l'Etat.

Condamné à mort par contumace en Algérie, pays qu'il a fui en 1999, Merouane Benahmed a également éte condamné en France à dix ans de prison, dans l'affaire dite des filières tchétchènes, soupçonnées de projeter des attentats à Paris. Libéré en 2011 mais interdit de séjour sur le territoire, il est depuis forcé à vivre sous le régime de l'assignation à résidence, n'ayant trouvé aucun pays qui accepte de l'accueillir.

"Nous n'avons pas de remarque à faire sur son comportement, ni d'avis à émettre sur les raisons qui l'ont conduit ici. Mais depuis les événements de Charlie Hebdo, sa présence suscite de l'émoi voire de l'indignation et nous estimons qu'après six mois, il est temps de passer le relais", explique le maire, Gérard Chevalier, qui a écrit en ce sens au ministère de l'Intérieur.

Il pointe quatre fois par jour à la gendarmerie

Son arrivée à Beaupréau s'est faite en toute discrétion en novembre dernier, avant d'être révélée par la presse locale en février. "Nous avons été prévenus la veille de son arrivée, mais ce n'est pas le problème. Depuis, le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu à nos courriers et nous voulons qu'ils comprennent que les élus locaux doivent aussi être respectés", poursuit le maire.

Selon lui, l'acceptation par la population de la présence de Merouane Benahmed a atteint ses limites à la suite des attentats de janvier. "C'est quelqu'un qui est visible, qui pointe quatre fois par jour à pied à la gendarmerie et bénéficie des services locaux. Les gens en parlent et ne comprennent pas la situation", poursuit Gérard Chevalier.

En février dernier, Europe 1 avait rencontré Merouane Benhamed. S'il regrettait vivre "dans une prison à ciel ouvert", il avait répondu sans détour à la question de savoir s'il se repentait de son passé jihadiste. "Non, jamais."

A. G. avec AFP