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Attentats de Paris: où se cachait Salah Abdeslam?

Quatre mois après les attentats sanglants perpétrés à Paris, le suspect numéro des attaques jihadistes vient d'être arrêté, blessé mais bien en vie, à Molenbeek, en Belgique. Salah Abdeslam pourrait ne jamais avoir quitté le Vieux Continent.

On l'imaginait déjà loin, probablement en Syrie. Après quatre mois de traque par toutes les polices d'Europe, Salah Abdeslam a été arrêté à Molenbeek, cette commune populaire bruxelloise d'où il est originaire, ce vendredi après-midi. Trois jours plus tôt, ses empreintes digitales avaient été découvertes dans l'appartement perquisitionné dans une autre commune de la capitale belge, Forest.

Un appartement au coeur de Molenbeek

Depuis deux jours, Salah Abdeslam se terrait dans un appartement au coeur de Bruxelles. Selon la RTBF, cet appartement, situé au 79 de la rue des Quatre-Vents, est un bâtiment communal, appartenant à la commune de Molenbeek-Saint-Jean.

"A aucun moment, la commune via son échevin des Propriétés communales n'a été informée de la présence du terroriste dans cette maison de rapport jusqu'à l'opération policière de ce vendredi", rapporte le média belge qui précise que l'appartement où a été arrêté Salah Abdeslam "était loué par un locataire isolé depuis 2009, soit lors de l'ancienne législature". Les services antiterroristes, mis sur sa piste par un informateur, avaient établi une surveillance, avant de lancer l'opération qui s'est soldée par son arrestation ce vendredi. 

Son ADN retrouvé en décembre à Schaerbeek

Le frère du kamikaze mort au Comptoir Voltaire, Brahim Abdeslam, s'était évaporé après son exfiltration de Paris par des amis, au lendemain des attaques. Sa trace avait été perdue à Schaerbeek, une commune de Bruxelles, le samedi 14 novembre vers 14h. Il y aurait ensuite passé trois semaines, caché dans un appartement où son empreinte ADN a été retrouvée le 10 décembre par les enquêteurs.

L'homme le plus recherché du Vieux Continent pour son rôle clé présumé dans les attentats de novembre, qui ont fait 130 morts, s'est-il planqué dans cette ville que l'on surnomme le carrefour de l'Europe? C'est ce que l'enquête va devoir déterminer.

"Pas difficile de se cacher" 

L'hypothèse est loin d'être improbable, juge Jacques Di Bona, le consultant lutte antiterroriste de BFMTV, qui a été un ancien responsable de l'unité de coordination de la lutte antiterroriste. "Très souvent, on a recherché des ennemis publics numéro un [en s'imaginant] qu'ils allaient à l'étranger", racontait-il sur BFMTV quelques instants avant l'arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek. "Lui, il a vécu là, il a son environnement, il est fondu dans la population, il parle la langue…(...) Ce n'est pas difficile de se cacher".

"Derrière une personne qui commet un attentat, il y a X personnes qui apportent un soutien logistique", renchérit Pierre Martinet, ancien membre de la DGSE, sur notre antenne. "Ils ont dans leur base arrière - la Belgique dans le cas présent - des maisons sûres, des personnes capables de les déplacer d'un point A à un point B, des véhicules qui sont aménagés pour transporter des clandestins (...) Sortir des écrans radars, en n'utilisant plus le téléphone ou internet, ça permet d'être totalement clandestin", conclut-il. 

Caroline Piquet