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"T'as fait courir mes collègues?": la mère d'un des adolescents interpellés à Aulnay-sous-Bois raconte sa version des faits

La police des polices devrait très prochainement interroger les agents de faction ce jour-là ainsi que les adolescents mis en cause.

Quelques jours après une intervention policière qualifiée de violente sur trois adolescents dans un quartier pavillonnaire d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, les familles des jeunes garçons âgés de 10 à 15 ans ont saisi en fin de semaine passée l'IGPN, la police des polices, afin de faire la lumière sur cet épineux dossier. 

Jeudi passé, il était presque 20h lorsque cinq très jeunes hommes passent à proximité d'une maison inoccupée rue Maurice-Niles. Là, ils croient voir une ombre à l'intérieur du bâtiment et pénètrent dans le jardin par le portail qui, selon eux, était ouvert. 

C'est à ce moment précis que, alertés par une voisine qui pensait assister à un cambriolage, une patrouille de police intervient. Pris de panique, deux adolescents prennent la fuite et l'un d'entre eux est rapidement rattrapé par un agent. 

Traumatisme crânien

Interrogée par BFMTV, la mère de ce dernier expose sa version des faits.

"Il lui a demandé pourquoi il courrait, il lui a dit que c'est parce qu’il avait eu peur. Ensuite, il l’a rentré dans la voiture, tranquillement, il l’a posé dans la voiture, et par la suite le conducteur s’est retourné et lui a dit ‘tu as fait courir mes collègues?’, et là il lui a mis un coup de poing"

Ce n'est que deux heures plus tard, un peu après 22h, que les parents sont convoqués au commissariat. Là, la même mère de famille décide se se rendre à l'hôpital Robert-Ballanger, où un médecin décèle des coups et blessures ainsi qu'un traumatisme crânien sans perte de connaissance. 

"J’aimerais bien qu’on nous explique comment ça se fait que des policiers se permettent de taper des enfants de cet âge-là et de traumatiser des enfants d’une dizaine d’années", poursuit-elle à notre antenne. 

"Aucune violence policière"

Du côté de la police, on se défend de toutes violences.

"On est ni plus ni moins sur du flagrant délit, il n’y a eu aucune violence policière et encore moins de bavure", souligne Yves Lefebvre, du syndicat SGP Police 93.

Prochainement, l'IGPN devrait interroger la patrouille de faction ce jour-là ainsi que les enfants et leur famille, et se réserve le droit d'ouvrir une enquête administrative ou judiciaire. 

Hugo Septier