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Surpopulation carcérale: Jean-Jacques Urvoas veut construire entre 10.300 et 16.100 cellules

Le ministre de la Justice, en visite au centre pénitentiaire de Fresnes, espère arriver à un taux de 80% d'encellulement individuel d'ici 2025. Les premiers travaux pourraient démarrer d'ici l'an prochain.

"Mettre fin au surpeuplement carcéral en garantissant l'encellulement individuel." Voilà le programme défendu par le ministre de la Justice qui rendait public ce mardi matin un rapport sur l'encellulement individuel. Pour cela, Jean-Jacques Urvoas a annoncé vouloir construire entre 10.309 et 16.143 cellules supplémentaires d'ici 2025. "Je ne crois pas en un chiffre magique", a indiqué le Garde des Sceaux en précisant cette fourchette large, depuis le centre pénitentiaire de Fresnes, dans le Val-de-Marne.

"Nous ne pouvons plus attendre", prévient Jean-Jacques Urvoas qui veut faire respecter un principe inscrit dans la loi depuis 140 ans mais jamais respecté. Pour lui, l'encellulement individuel permet le "respect de la dignité de la détention" mais aussi "un des outils pour éviter le basculement vers le fanatisme". Afin d'y parvenir, il y a décrit un projet, qui devrait à terme parvenir à 80% de cellules individuelles, qu'il qualifie de "précis, concret et ambitieux". 

3.900 nouvelles cellules

Au niveau national, le taux d'occupation en prison est de 138%. Mais tous les établissements pénitentiaires ne sont pas égaux. Ainsi, le ministre de la Justice, qui se refuse à parler de "places", veut débuter dès 2017 par la création de 3.900 cellules dans trois régions prioritaires où les "besoins sont urgents, cruciaux": il s'agit de l'Ile-de-France, celle de Toulouse et la région Alpes-Provence-Côte-d'Azur. A cela, 28 quartiers de préparation à la sortie devraient être constitués avec 2.500 cellules.

L'objectif du garde des Sceaux est de repenser l'incarcération et la prise en charge des détenus. "La prison est un lieu où on exerce la peine, ce n’est pas la peine, rappelle Jean-Jacques Urvoas. L’enfermement n’est pas en soi une atteinte à la dignité humaine." Pour le ministre, des quartiers de préparation à la sortie sont nécessaires car le risque de récidive est 1,5 fois plus élevé chez un détenu qui ne passe par un programme de réinsertion.

Un budget d'1,1 milliard

Afin de remplir ces objectifs, le garde des Sceaux espère que le budget sera voté pour la construction de ce programme et réclame 1,1 milliard d'euros pour engager les premiers travaux. Mais il veut aller plus loin. Et pour cela il faut "une loi de programmation" pour dépasser les contraintes annuelles budgétaires mais également entreprendre "un engagement législatif durable qui enjambe les élections et qui dépasse les partis".

Les annonces de Jean-Jacques Urvoas étaient attendues notamment par le personnel pénitentiaire qui réclame plus de moyens mais également la création d'établissements réservés aux détenus radicalisés. Selon le ministre cette idée est "sans issue". Concernant les effectifs, il a tenu à rappeler qu'en 2016, 2.100 surveillants ont été formés. En 2017, ils devraient être 2.500 de plus.

"Nous, on est venu demander des moyens, du personnel, une considération, expliquait Erwan Saoudi du syndicat FO pénitentiaire, venu dans la matinée protester contre les conditions de travail de ses collègues. C'est une prise en charge du problème de radicalisation. On s'aperçoit que les unités dédiées sont une réponse vraiment trop limitées au problème dans sa globalité." Avant sa vicite, le garde des Sceaux, avait prévenu sur France Inter: il ne supprimera pas ces unités pour détenus radicalisé. "Je ne le ferai pas par principe car ce sont des expérimentations".

J.C.