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Suicide de l'ex-directeur de Villefontaine: "Ils l'ont laissé partir comme un lâche"

Sébastien Lopez, le père d'une victime présumée du directeur d'école.

Sébastien Lopez, le père d'une victime présumée du directeur d'école. - Capture BFMTV

Les parents des victimes présumées de l'ancien directeur d'école de Villefontaine, en Isère, qui s'est suicidé mardi, ne décolèrent pas. L'un d'eux explique sur BFMTV avoir engagé des actions en justice contre l'Etat.

Un sentiment de rage. Les proches des victimes présumées ne décolèrent pas après l'annonce du suicide de l'ex-directeur de l'école de Villefontaine, en Isère. Ce dernier, soupçonné de pédophilie, s'est donné la mort dans sa cellule de la prison de Carbos dans le Rhône. Sébastien Lopez, père d'une petite fille qui était scolarisée en classe de CP lorsque les faits se seraient produits, a exprimé sa "colère" à la fois contre la mort de l'homme de 45 ans mais aussi contre l'Etat.

"J'ai ressenti une grande sensation de rage, de colère, d’incompréhension, de mépris et de tristesse, exprime-t-il sur BFMTV. Je suis en colère car il s’est suicidé et nos enfants n’auront jamais justice, et je suis en colère car il a pu se suicider en étant en prison."

Impossible de tourner la page

Avec la mort de l'ancien directeur d'école, déjà condamné en 2008 pour avoir téléchargé des images pédopornographiques, les familles des jeunes victimes se voient privées de procès. "Sa mort nous interdit d’avoir les réponses auxquelles on s’attendait, nous interdit de pouvoir tourner la page, de pouvoir commencer à nous reconstruire et c’est malheureux mais ça interdit surtout à nos enfants d’être considérés comme victimes de cet homme-là", déplore-t-il sur BFMTV.

Pourtant, l'avocat de l'homme de 45 ans assure qu'il n'a jamais été question pour l'homme de 45 ans, "de se soustraire au procès, ni de vouloir court-circuiter l'institution judiciaire". "Il est clair qu’il n’attendait pas grand-chose de ce procès, que se serait une épreuve difficile d’affronter les familles", poursuit Me Florent Girault. L'avocat considère que l'administration pénitentiaire était au courant de "l'extrême fragilité" de son client.

"Ils l'ont laissé entrer dans la bergerie"

Le volet judiciaire pourrait toutefois avoir lieu. Sébastien Lopez explique avoir engagé des actions en justice pour "faute lourde" contre "l’Etat français et l’institution". "Ils l’ont laissé faire, ils l’ont laissé agir en toute impunité, ils lui ont permis de se sentir en sécurité, ils l’ont laissé de partir comme un lâche, scande ce père de famille. Je leur en veux plus à eux qu’à lui-même."

Selon lui, le ministère de la Justice est en cause dans le suicide de l'instituteur et le ministère de l'Education "pour ce qu'il s'est passé l'an dernier". "Ils l'ont laissé entrer dans la bergerie", insiste-t-il, lui qui a été contraint d'expliquer à sa petite fille que "l'homme qui lui a fait du mal" était mort.

"Elle m'a dit qu'elle s'en fichait, je pense qu’elle est contente qu’il soit mort, qu’elle est assez satisfaite que la personne qui lui a fait du mal soit décédée", conclut Sébastien Lopez.

Justine Chevalier