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Sugardaddy: "On peut s’offrir une vie qu’on ne pourrait pas avoir"

SugarDaddy.fr met en relation des hommes "à l'aise" et des jeunes femmes "attirantes et ambitieuses".

SugarDaddy.fr met en relation des hommes "à l'aise" et des jeunes femmes "attirantes et ambitieuses". - -

ENQUETE - BFMTV a rencontré des hommes et des femmes inscrits sur le site de rencontre Suggardaddy.fr. Pour eux, il ne s'agit pas de prostitution. Le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête pour proxénétisme.

"Vous êtes un homme. Vous avez bien réussi dans la vie mais vous vous sentez seul. Ici vous trouverez des femmes à la recherche de réconfort et de stabilité. Vous êtes une femme. Vous en avez ras-le-bol des jeunes sans ambition et sans avenir. Ici vous trouverez des hommes mûrs qui savent ce qu'ils veulent". Sur sa page d'accueil, le site SugarDaddy.fr joue sur l'ambiguïté. Mais elle se dissipe dès l'inscription où les jeunes filles doivent remplir de nombreux renseignements parmi lesquels les sommes d'argent qu'elles espèrent gagner: "l'attente de mode de vie". 

BFMTV a rencontré Caroline*. Inscrite depuis cinq ans, cette étudiante de 26 ans déclare gagner entre 2.000 et 4.000 euros par mois grâce au site. "On peut s’offrir une vie qu’on ne pourrait pas avoir", explique-t-elle. Mais pour elle, il ne s'agit pas de prostitution. Elle précise n'avoir des relations sexuelles avec ces suggardaddys seulement après avoir "fait connaissance" et "si on s'entend bien". Elle reconnaît néanmoins que sans argent elle ne s'intéresserait pas à ces hommes qui ont le double de son âge. Et envisage à terme de mettre fin à son activité.

"Une petite amie"

Sur le chat du site, la plupart des hommes proposent de l'argent contre des rapports sexuels. Notre équipe a rencontré l'un d'entre eux. "Moi je considère qu’une prostituée le fait que pour le fric, de façon pro, et c’est son job elle ne fait rien d'autre alors qu'une étudiante je la verrais plus comme une petite amie qu’une prostituée".

Une plainte pour proxénétisme

Elda Carly, la présidente de l'Equipe d’action contre le proxénétisme (EACP), constate: "Les jeunes, habitués à la technologie, pensent que d’être sur un site, de tchatcher, ce n’est pas vraiment de la prostitution". Mais pour elle, cela ne fait aucun doute. "C’est le doigt mis dans l’engrenage et lorsque vous réalisez que vous vous prostituez, finalement, c’est très très difficile pour s’en sortir". C'est pourquoi elle a décidé d'alerter la justice.

Le parquet de Paris a rendu sa décision: une enquête préliminaire pour proxénétisme a été ouverte contre le site de rencontre Sugardaddy.fr.

K.L. avec Thibault Dupont et Elsa Jirou