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Soupçons de financement libyen: Nicolas Sarkozy mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

A l'issue de sa garde à vue, l'ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, a été mis en examen pour financement illicite de campagne électorale, corruption passive, et recel de détournement de fonds publics libyens ce mercredi soir. Cette décision intervient dans le cadre du dossier sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

La décision des juges est tombée. Ce mercredi soir, peu après qu'on a appris la fin de sa garde à vue relative aux soupçons d'un financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a été mis en examen par les magistrats et placé sous contrôle judiciaire. Cette mise en examen est liée aux chefs de financement illicite de campagne électorale, corruption passive et recel de fonds publics libyens. Nicolas Sarkozy nie les faits qui lui sont reprochés. 

Sarkozy est rentré dans son domicile de l'ouest parisien

Le véhicule le conduisant a quitté quelques instants après 20h les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscale, à Nanterre. Nicolas Sarkozy a alors regagné son domicile, sis Villa Montmorency, dans le XVIe arrondissement de Paris, après 26 heures de garde à vue cumulées. 

"C'est un coup de tonnerre après cinq ans d'investigations. Il est mis en examen des principaux chefs dans cette enquête", a relevé une source proche du dossier auprès de l'Agence France Presse. "La justice dans ce pays est libre, qu'on soit ancien chef d'Etat, parlementaire ou ministre", a déclaré à l'AFP Christophe Castaner, délégué général de La République en marche.

Un coup d'accélérateur 

Cette affaire n'est pas la seule dans laquelle il est mis en cause. Il a été renvoyé en correctionnelle en février 2017 par le même juge Serge Tournaire, pour financement illégal de campagne électorale, mais cette fois pour la présidentielle de 2012. Il a fait appel de ce renvoi. Nicolas Sarkozy, 63 ans, est aussi menacé d'un procès dans l'affaire dite "des écoutes". Il est suspecté d'avoir tenté d'obtenir d'un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret.

Sa mise en examen dans le dossier libyen marque un formidable coup d'accélérateur dans cette affaire instruite par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans. Depuis la publication en mai 2012 par le site Mediapart d'un document libyen accréditant un financement d'environ 50 millions d'euros, pour permettre notamment à la Libye de sortir de son isolement diplomatique, les investigations ont considérablement avancé. 

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Nicolas Sarkozy

Robin Verner avec Sarah-Lou Cohen et AFP