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Soupçons de financement libyen: la garde à vue de Guéant se poursuit

Claude Guéant en septembre 2014 à La Baule.

Claude Guéant en septembre 2014 à La Baule. - Sébastien Evrard - AFP

L'ancien ministre de l'Intérieur est entendu dans le cadre de l'enquête sur le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.  Son audition a repris samedi matin après une nuit passée en garde à vue.

La garde à vue de Claude Guéant se poursuit. L'audition de l'ancien ministre de l'Intérieur, qui avait débuté vendredi à l'aube, a repris samedi matin à Nanterre. Les policiers enquêtent sur des soupçons de financement par la Libye de Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans cette affaire, des juges d'instruction du pôle financier de Paris s'interrogent notamment sur la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500.000 euros sur le compte de l'ancien ministre de l'Intérieur et qui fut pendant 10 ans le bras droit de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant avait justifié ce virement - provenant d'un compte à l'étranger - par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts ont contesté la valorisation de ces oeuvres, la société Artprice chiffrant à 140.000 euros, hors frais, le prix record aux enchères d'une des toiles de ce peintre.

Troisième garde à vue pour Guéant

Les accusations d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy avaient vu le jour entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012, lorsque Mediapart avait publié un document évoquant un accord de la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer Nicolas Sarkozy, dont ce dernier assure qu'il s'agit d'un faux. Une information judiciaire avait été ouverte en avril 2013, notamment pour "corruption active et passive" et "trafic d'influence" sur ces accusations, et confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

C'est la troisième fois que Claude Guéant, qui fut jadis le patron de toutes les polices de France est placé en garde à vue. Il l'avait été une première fois en fin 2013 dans l'affaire des primes en liquide quand il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était ministre de l'Intérieur. Dans ce dossier, le parquet national financier (PNF) doit prochainement se prononcer sur un éventuel renvoi en correctionnelle, sur l'ouverture d'une information judiciaire ou sur le classement de l'affaire.

Claude Guéant avait également été placé en garde à vue en mai 2014 dans l'affaire de l'arbitrage Tapie/Crédit Lyonnais. Il n'avait pas été présenté aux magistrats instructeurs.

A. D. avec A. G. et AFP