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Police-Justice

Selon les résultats de la contre-expertise, Adama Traoré est bien mort des suites d'une asphyxie

Rassemblement en mémoire d'Adama Traoré en présence de la soeur d'Adama Traoré.

Rassemblement en mémoire d'Adama Traoré en présence de la soeur d'Adama Traoré. - Thomas SAMSON / AFP

Ce mardi soir sur son site internet, Le Parisien explique avoir eu accès aux conclusions des médecins en charge de la contre-expertise sur la mort d'Adama Traoré lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) en juillet 2016. Les médecins confirment que le jeune homme est mort d'une asphyxie et non d'une infection comme l'assurait à l'époque celui qui était le procureur de Pontoise.

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré est mort à 24 ans lors de son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise). Alors procureur de Pontoise, et à présent avocat général près la cour d'appel de Paris, Yves Jannier assurait que le jeune homme avait perdu la vie du fait d'une "infection très grave" tandis que la famille évoquait une bavure. Un militaire avait déclaré au moment de l'affaire qu'Adama Traoré avait été maintenu au sol par "le poids des corps" de trois gendarmes. Une contre-expertise avait été réclamée par les proches. Le Parisien a pu en consulter les conclusions en date du 22 juin dernier et les a relayées ce mardi soir dans un article paru sur son site internet. 

Le Conseil supérieur de la magistrature bientôt saisi

"Aucun signe ne permet d’évoquer un état infectieux antérieur", ont écrit les deux médecins chargés de la contre-expertise. "L’ensemble de ces constations permet de conclure que la mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress", ont-ils ajouté. 

Cette confirmation de la thèse portée par la famille d'Adama Traoré a fait réagir l'avocat des Traoré Yassine Bouzrou, cité lui aussi par Le Parisien, qui a lancé que ces éléments écartaient de "manière définitive la thèse de l'ancien procureur de Pontoise". Les gendarmes dont l'intervention a été mise en cause pourraient bientôt être entendus par le Tribunal de grand instance de Paris, désormais dépositaire du dossier, et la famille envisage de saisir le Conseil supérieur de la magistrature au sujet d'Yves Jannier pour qu'il examine la possibilité de sanctions pour ses déclarations initiales. 

R.V.