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Mort d'Adama Traoré: selon les experts le jeune homme n'était pas malade

Manifestation pour la lumière soit faite sur les conditions de la mort du jeune Adama Traoré.

Manifestation pour la lumière soit faite sur les conditions de la mort du jeune Adama Traoré. - -

Plus de six mois après la mort d'Adama Traoré lors d'une interpellation musclée dans le Val d'Oise, l'enquête se poursuit pour comprendre les circonstances de son décès. Une dernière expertise confirme la version des proches du jeune homme: celui-ci n'était pas malade.

La version des forces de l'ordre est mise à mal: Adama Traoré ne souffrait d'aucune pathologie connue au moment de sa mort. C'est ce que révèle une expertise réalisée à partir des antécédents médicaux du défunt et rendue à la mi-janvier selon le journal Le Parisien

L'affaire remonte à la nuit au mardi 19 au mercredi 20 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Adama Traoré, un jeune homme de 24 ans, meurt à la suite de son interpellation, après une course-poursuite avec les gendarmes. Ces derniers affirment alors que le jeune homme a été victime d'un "malaise cardiaque".

Un "syndrome asphyxique" qui reste à déterminer

Les investigations avaient débuté à Pontoise, où le procureur Yves Jannier avait confirmé qu’Adama Traoré souffrait d’une "infection très grave". Une hypothèse pourtant démentie par deux rapports d'autopsie, qui ont mis en évidence un "syndrome asphyxique" dont l'origine reste à déterminer. Fin décembre, l'enquête a été dépaysée à Paris, à la demande de la famille et trois juges d'instruction ont été désignés pour poursuivre les investigations sur les conditions de la mort du jeune homme de 24 ans.

Et pour cause: depuis le début, les proches d'Adama Traoré réfutent la version des autorités et dénoncent une "bavure". Ils ont notamment expliqué à plusieurs reprises que le jeune homme était un "grand sportif", qui n'avait jamais eu de problèmes de santé. Les gendarmes assurent de leur côté n'avoir porté aucun coup au jeune.

"Il a commencé à nous dire qu’il avait du mal à respirer. On se trouvait à trois dessus pour le maîtriser", expliquait l'un des gendarmes à l'époque. Il précisait: "J’étais sur ses jambes. Mes deux autres collègues contrôlaient chacun un bras".

Un symbole de la lutte contre les violences policières

Après avoir étudié le dossier médical de son médecin généraliste ainsi que l'historique de ses séjours au centre hospitalier de Beaumont-sur-Oise, les derniers experts nommés par les nouveaux juges d'instruction n'ont trouvé la trace d'aucune maladie chronique, comme le rapporte Le Parisien.

En octobre 2004, alors âgé de 12 ans, Adama Traoré avait subi une perte de connaissance, mais il s'agirait d'un simple "malaise probablement vagal".

En juillet dernier, la mort d'Adama Traoré, avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise, d'où il était originaire, et dans les communes voisines. Il est aujourd'hui devenu un symbole de la lutte contre les violences policières. Un concert en son hommage a même organisé jeudi à la Cigale à Paris en présence des rappeurs Ärsenik, Kery James ou Médine.

Maëva Poulet