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Sécurité routière: Valls et Cazeneuve défendent l'action du gouvernement

Un rapport, publié par le Journal du dimanche, pointe "un manque de volonté politique": il n'y a pas de pilote dans l'avion et pas de vision de long terme, peut-on y lire en substance. "Au regard des résultats de nos voisins, des progrès sont encore possibles", affirme le rapport.

Le document a été commandé par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, au début de l'année 2014 et était resté secret jusqu'ici sous la pression du gouvernement. Réalisé par l'Inspection générale de l'administration (IGA), ce rapport est accablant pour la politique du gouvernement pour augmenter la sécurité sur les routes alors que la mortalité routière est repartie à la hausse (+3,7% en 2014).

"4.200 policiers et gendarmes supplémentaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité de nos compatriotes et des touristes" dans la lutte pour plus de sécurité sur la route, a défendu le Premier ministre Manuel Valls lundi, interrogé sur ce rapport. La lutte contre l'insécurité routière est pour nous une priorité. (...) Il n'y a pas une solution magique qui permettrait de résoudre ce problème, mais toute une série de mesures", a déclaré Manuel Valls.

"Une période de passivité"

Le texte, publié par le Journal du dimanche, pointe "un manque de volonté politique": il n'y a pas de pilote dans l'avion et pas de vision de long terme, peut-on y lire en substance. "Au regard des résultats de nos voisins, des progrès sont encore possibles", affirme le rapport.

"Il n'y a pas assez de coordination du travail entre les ministres, explique Claude Got, expert en sécurité routière et auteur du rapport en question. On le voit avec des faits indiscutables: il n'y pas eu de comité interministériel, qui réunit le gouvernement autour du Premier ministre, depuis 2011. On est dans une période de passivité face à un problème majeur puisqu'il s'agit de la première cause de mortalité chez les jeunes adultes en France. Quand on ne fait rien, il n'y a pas de bons résultats".

La réponse de Cazeneuve

L’année dernière, 3.384 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises, soit 3,5% de plus par rapport à 2013. Une coordination ministérielle accrue, mais aussi des actions plus fortes sur le terrain, c’est ce que réclament les auteurs du rapport ainsi que les défenseurs des victimes.

En début d’année, le ministre de l’Intérieur a présenté 26 mesures pour faire baisser les accidents de la route. A commencer par l’interdiction du kit main libre au volant ou la baisse du taux d’alcoolémie autorisé pour les conducteurs novices. Des mesures qui attendent de faire leurs preuves alors que le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué assurant que 19 des 26 préconisations étaient en cours d'application.

Lundi matin, en compagnie de Manuel Valls, Bernard Cazeneuve a confirmé ces chiffres, expliquant être "face à un défi important". Mais, "on ne lutte pas contre les excès de vitesse avec des excès de langage", a-t-il répliqué. "C'est vrai que les chiffres ne sont pas bons, mais c'est faux que de dire que face à cette réalité la mesure des choses n'a pas été prise et que nous ne sommes pas dans l'action", a déclaré Bernard Cazeneuve.

S.A. avec Antoine Delcourt et Stéphane Beauregard