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Racisme dans la police: un nouveau groupe Facebook mis en cause

Un nouveau groupe Facebook regroupant, a priori, des forces de l'ordre et sur lequel des commentaires racistes sont échangés, est rendu public. La semaine dernière, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après que l'existence d'un groupe du même type lui a été signalée.

Après "TN Rabiot Police Officiel", "FDO 22 unis". La semaine dernière, Streetpress révélait l'existence d'un groupe Facebook sur lequel des policiers échangeaient des messages à caractère raciste. Une pratique qui ne serait pas isolée, puisque le site révèle ce lundi l'existence d'un deuxième groupe du même type.

"FDO 22 unis" pour "forces de l'ordre" regroupe plus de 900 personnes, a appris BFMTV, confirmant les informations de Streetpress. C'est un groupe privé, c'est-à-dire que pour pouvoir y avoir accès, il faut avoir été ajouté par l'un des membres. "Dans un souci de joie et de bonne humeur, les sujets bannis sont ceux qui partent trop souvent en vrille LA POLITIQUE et LES SYNDICATS. J'espère qu'on pourra retrouver ici un espace de convivialité", écrivent les créateurs du groupe.

Messages racistes

Pas de sujets politiques ou impliquant les syndicats, mais beaucoup de commentaires sur l'actualité de la police, à base de railleries voire parfois de racisme. "Quand la police remplace la justice défaillante... bizarre, ça ne m'est jamais arrivé... ah bah oui je n'ai jamais volé un scooter faut dire", ironise un internaute au sujet de l'interpellation de Gabriel, un adolescent de 14 ans blessé à l'oeil et qui accuse les policiers de l'avoir violenté lors de son interpellation à Bondy. "Fallait lui empéguer les deux yeux, ça aurait fait un antivol", réagit un autre membre du groupe.

"S'il tou plé missiou moi pas volor", renchérit un autre, auquel une femme répond que le prénom de la mère de l'adolescent est "d'origine serbe". "Vu la tronche, c'est du rom de Serbie, ils en sont infestés dans les pays de l'est", tranche un autre.

Face aux nombreux commentaires, certains membres tentent de réagir. "Evitez Facebook pour ce genre de publication, ça ne sert pas notre profession... Respect et honneur svp = la meilleure des réponses", lance un membre, policier depuis 23 ans. Une autre participante s'insurge: "J'appelle pas ça des collègues. Genre il n'y a pas de racisme dans la boîte. Qu'ils arrêtent d'être hypocrites." 

Un premier groupe signalé à la justice

"Trop dur de vivre dans une dictature comme la nôtre. Je suggère un exode et un retour aux sources pseudo, trop difficile pour eux de vivre en France" écrit encore un membre, accompagnant son message d'un smiley, ironique, avec des larmes. Une autre membre tente également de s'opposer aux messages à caractère raciste: "pour ce qui est de la France, c'est autre chose, on sait très bien qui fout la merde dans les cités (en même temps noirs et arabes y ont été parqués". Un message qui lui vaut de nombreux commentaires négatifs.

La semaine dernière, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "injure publique à caractère raciste et de provocation publique à la haine raciale". Cette enquête fait suite au signalement du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner après les révélations de presse sur l'existence d'un groupe Facebook réunissant des membres des forces de l'ordre et sur lequel de très nombreux messages haineux, racistes, sexistes, homophobes et vulgaires sont échangés.

"Aucun raciste ne peut porter dignement l'uniforme de policier ou de gendarme", a réagi ce lundi le ministre de l'Intérieur lors d'une conférence de presse au sujet des accusations de racisme dans la police.
Justine Chevalier avec Mélanie Vecchio