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Salon Milipol Paris: un stand fermé après la découverte "d'équipements de torture illégaux" 

Le salon Milipol Paris, le 19 novembre 2013. Photo d'illustration

Le salon Milipol Paris, le 19 novembre 2013. Photo d'illustration - MARTIN BUREAU / AFP

Un exposant du salon réservé aux professionnels du secteur de la sécurité intérieure des États vendait des "équipements de torture illégaux", découverts par Amnesty International.

Matraques à pointes, boucliers à décharges électriques, fourches antiémeute: Amnesty International a découvert des "équipements de torture illégaux", au salon Milipol Paris, qui a décidé d'expulser un exposant, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes. 

"Le stand en question a été immédiatement fermé, mercredi soir, sous contrôle d'huissiers", a déclaré jeudi la directrice du salon Muriel Kafantaris, et l'exposant a été définitivement interdit d'exposer à Milipol.
"Le responsable d'Amnesty International était là mardi jour d'ouverture du salon avec nous. Il nous a fait part de son rapport", a-t-elle ajouté. 

"Mesures draconiennes"

Selon Muriel Kafantaris, le seul produit dont il a fait mention à ce moment là était "un bracelet à impulsion électrique" présent sur le stand chinois incriminé. Tous les autres équipements mentionnés par l'ONG, "je ne sais pas d'où ils sont sortis", a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, les quatre exposants qui proposaient à la vente des produits illicites sur catalogues "ont reçu un courrier d'avertissement", a continué Muriel Kafantaris.

"Il est certain que nous allons prendre des mesures draconiennes pour que cela n'arrive plus lors de la prochaine édition en 2019", a-t-elle ajouté. "Des instruments de torture effrayants tels que des matraques électriques et de lourdes entraves pour les pieds sont censés être interdits dans l'UE. Alors pourquoi en trouve-t-on en vente à Paris aujourd'hui ?", s'interroge Ara Marcen Naval, conseillère sur le contrôle des armes à Amnesty, dans un communiqué.

"La France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché"

"En ne faisant pas appliquer la législation, la France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché. Milipol est le premier véritable test grandeur nature pour la nouvelle règlementation de l'UE sur les instruments de torture, et il est très inquiétant de constater que ces règles sont déjà bafouées, moins d'un an après leur entrée en vigueur", souligne l'ONG.

Amnesty International exhorte par ailleurs les autorités françaises à enquêter "de tout urgence" sur l'importation de ces objets illégaux : "elles doivent mettre en place des mesures garantissant la stricte application de la législation de l'UE afin que personne et qu'aucun pays ne continue de tirer bénéfice de ce commerce d'instruments conçus pour infliger des souffrances à des êtres humains".

Le salon Milipol Paris, consacré à la sécurité intérieure des États, s'est ouvert mardi à Villepinte (Seine-Saint-Denis) en présence du ministre de l'Intérieur Gérad Collomb.

C. P. avec AFP