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Saint-Cyr: un élève du lycée militaire accusé de harcèlement sexuel

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Des jeunes femmes en première année de classe préparatoire aux grandes écoles au sein du lycée militaire accusent un élève de leur classe de harcèlement sexuel depuis la rentrée de septembre.

Le prestigieux lycée militaire de Saint-Cyr est à nouveau au cœur d’un scandale judiciaire. L'établissement a déclenché une enquête interne et saisi la gendarmerie pour des accusations de harcèlement sexuel, a indiqué ce jeudi l'armée de Terre dans un communiqué.

"Des jeunes femmes ont rendu compte à leur référent mixité d'une situation de harcèlement sexuel de la part d'un élève masculin à l'encontre de jeunes femmes de sa classe", a indiqué le communiqué jeudi.

Le suspect écarté du lycée

Les victimes déclarées, élèves en première année de classe préparatoire aux grandes écoles, ont rapporté les faits à leur référent le 31 janvier. D’après leurs déclarations, les faits étaient prégnants depuis la rentrée de septembre mais se sont s'être aggravés au cours des dernières semaines, précise l’armée de Terre à BFMTV.

"Devant la clarté des témoignages concordants à l'encontre de l'auteur présumé", le chef de corps du lycée a éloigné l'auteur présumé de l'établissement et dénoncé les faits à la gendarmerie. Le suspect a été "remis à sa famille jusqu'à la fin des enquêtes en cours", a souligné le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l'armée de Terre, se félicitant que les mesures aient été prises lundi, jour de la dénonciation des faits.

Le chef de corps du lycée a par ailleurs "déclenché une enquête interne qui permettra d'instruire une procédure disciplinaire", précise le communiqué. Une cellule d'intervention et de soutien psychologique de l'armée de Terre (CISPAT) a également été mobilisée et des temps d'échanges entre le commandement, les élèves et le personnel enseignant ont été organisés.

Harcèlement moral en 2018

Cette nouvelle affaire apparaît comme un sombre écho à celle de harcèlement moral qui avait déclenché une vague d'indignation en 2018. Cette année-là, une jeune fille de 20 ans avait envoyé un courrier au président Emmanuel Macron dans lequel elle confiait se sentir "persécutée" par un groupe de garçons, les "tradis". Elle y racontait les intimidations, les insultes, les humiliations, et le "sexisme érigé en système" au sein des classes préparatoires militaires.

L'armée française est l'une des plus féminisées du monde mais elle n'est pas épargnée par le harcèlement et les violences sexuelles. En 2014, l'ouvrage La guerre invisible, écrit par deux journalistes, avait dénoncé la gestion calamiteuse des agressions sexuelles et viols au sein de "la grande muette", le surnom de l'armée française, qui compte 15% de femmes dans ses rangs.

Le ministère avait alors créé la cellule "Thémis", chargée notamment de recueillir les témoignages des victimes et de veiller à l'application de sanctions, au sein d'un univers aux codes très masculins.

Ces nouvelles accusations "rappellent que la lutte contre le harcèlement est une priorité. Le référent mixité a parfaitement joué son rôle", se félicite l'armée de terre.

"Cette action rapide et coordonnée de la chaîne de commandement traduit une transparence totale et une tolérance zéro, strictement appliquée sur toute forme de harcèlement, quelle qu'en soit sa manifestation".

Patrick Sauce avec Ambre Lepoivre et AFP