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Société

Une victime de harcèlement au lycée militaire de Saint-Cyr témoigne

Harcelée, insultée, menacée par un groupe de garçons, elle a quitté la prestigieuse classe préparatoire du lycée militaire de Saint-Cyr-l'École. Et témoigne pour BFMTV du harcèlement que subissent les filles au sein de cet établissement.

Elle rêvait d'être officière de l'armée de l'air mais elle a rapidement déchanté. BFMTV a pu s'entretenir avec une jeune fille qui était scolarisée en classe préparatoire au lycée militaire de Saint-Cyr-l'École, dans les Yvelines. 

Après les révélations de Libération, la ministre des Armées a annoncé mercredi des sanctions. Le quotidien avait dénoncé le harcèlement moral, les intimidations, les insultes, les humiliations, un "sexisme érigé en système" au sein des classes préparatoires militaires. 

Florence Parly a assuré que les élèves impliqués dans des cas de harcèlement seraient "exclus de Saint-Cyr-l'école" et les cadres du lycée militaire impliqués "remplacés après les examens et les concours qui commencent dans quelques jours". Ils connaîtront "des mesures disciplinaires". Enfin, les "élèves perturbateurs" seront interdits de redoublement. 

"Ils ont commencé à s'en prendre à moi"

Cette jeune fille, que nous appellerons Chloé, nous raconte ses premiers pas au sein de cet établissement prestigieux. Entre le sexisme de ses camarades et le cadre stricte du lycée, le climat s'est rapidement détérioré.

"Certains garçons ont commencé à vraiment se prendre pour des êtres supérieurs. Ils ont commencé à s'en prendre à moi, à vouloir m'exclure de la classe. Ils ont commencé à s'en prendre à ma copine qui était déléguée, ils n'arrêtaient pas de lui dire qu'elle était nulle. À chaque fois qu'elle disait une mauvaise réponse en classe, ils la rabaissaient. Et à un moment, ils lui ont dit: 'on n'arrêtera pas tant que tu ne seras pas partie'."

"Ils ne vont pas venir nous parler"

Les garçons dont elle parle font partie de plusieurs confréries. Crânes rasés, valisettes, bretelles: chacune d'entre elle a son propre signe d'appartenance. Des fortes têtes qui décident, selon Chloé, de qui reste et qui part. Les plus connus d'entre eux sont les "tradis".

"Ils ont le droit de sortir avec des filles, mais pas avec les filles du lycée. Ils ne vont pas venir nous parler, sauf si c'est pour des devoirs. Mais pas de sociabilisation."

"Un garçon lui a mis une main aux fesses"

Un soir, elle se souvient que la tenue de l'une de ses amies ne leur a pas plu. Ils l'ont alors insultée avant de l'agresser physiquement. "Elle avait une robe rouge qui arrivait mi-cuisses. Il y a certains 'tradis' à qui ça n'a pas plu. Il y a un garçon qui lui a mis une main aux fesses."

Si ce geste a pu être sanctionné, l'armée de terre explique à BFMTV que les comportements sexistes se font de manière cachée et sont donc difficiles à repérer. Mais l'institution assure tout de même tenter de faire disparaître ce phénomène. En attendant, plusieurs élèves comme Chloé ont fini par quitter l'établissement.

C.H.A.