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Rouen: un ancien médecin soupçonné du meurtre d'un psychiatre

La rue Beffroy où s'est produit le drame, dans le centre-ville de Rouen.

La rue Beffroy où s'est produit le drame, dans le centre-ville de Rouen. - -

Le psychiatre avait été retrouvé poignardé dans la cour de son cabinet en octobre. Un de ses anciens patients, également ancien médecin, a été mis en examen jeudi.

C'est le premier patient du docteur Laurent Fabre qui, le 17 octobre dernier, avait découvert le corps sans vie de son thérapeute dans la cour pavée de son cabinet. Il était 8 heures du matin, et ce psychiatre de Rouen gisait dans son sang sous le porche de pierre. Jeudi, après cinq mois d'enquête, un suspect a été mis en examen. A la fois ancien médecin, et ancien patient de Laurent Fabre.

Cet homme, célibataire et âgé de 51 ans, a été arrêté à son domicile de Crevin, une petite commune située entre Rennes et Nantes à 300 km de Rouen. Il a été transféré à Rouen pour être placé en garde à vue.

Les enquêteurs disposent contre lui de "tout un faisceau d'indice", indiquait jeudi une source judiciaire. Mais le quiquagénaire a refusé de s'expliquer. Le procureur de la République adjoint de Rouen, Jean-Claude Belot, qui s'exprimait jeudi en conférence de presse, a dépeint "quelqu'un d'intelligent". Pour lui, obtenir des aveux "peut donc prendre du temps".

Connu des services de police

Avant de s'installer à Crevin en 2007, cet homme avait vécu à Rouen, où il avait été le patient du docteur Fabre jusqu'en 1999. Il exerçait alors comme médecin généraliste en Normandie.

Quand il était arrivé dans le village d'Ille-et-Vilaine, 2.500 habitants, les habitants étaient contents "car nous n'avions plus de médecin", se souvient le maire, Daniel Gendrot, cité par l'AFP. Mais cela n'a pas duré. L'homme s'est mis régulièrement "en congé", avant d'être radié de l'Ordre des Médecins en 2008. Selon Le Parisien, cette radiation a à voir avec des "troubles psychiques".

Selon le SRPJ de Rennes, l'ancien médecin était également connu de la police pour des affaires de port d'arme et d'"atteinte à la dignité humaine". Selon Ouest France, ses voisins brossent le portrait d'un homme "solitaire et tourmenté".

Trous de mémoire

Le nom de l'ancien praticien a été extrait du fichier d'environ 2.000 patients que tenait le docteur Fabre. Son profil atypique les a frappés. Et surtout, indique le quotidien régional Paris Normandie, son téléphone portable a été géolocalisé près du cabinet du psychiatre, rue Beffroy, en plein-centre de Rouen, le jour du crime.

Lors de ses auditions jeudi, le suspect décrit comme "grand, mince" par Le Parisien, a nié en bloc en "gardant les yeux fixés sur le sol", relate vendredi le quotidien d'Île-de-France. A la fois les faits et ses troubles mentaux. Ainsi, il aurait indiqué avoir "oublié" qu'il avait par le passé consulté le docteur Fabre, et qu'il se trouvait à Rouen - à 300 km de chez lui - le jour du meurtre.

Jeudi soir, les enquêteurs avaient donc encore peine à faire émerger le mobile qui aurait pu pousser ce suspect à poignarder son ancien thérapeute.

Mathilde Tournier