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Rixe à Sisco: les versions des protagonistes se contredisent

Quatre jours après la rixe à Sisco en Corse, la justice continue d'auditionner les témoins pour démêler les versions contradictoires.

Qui dit vrai? La rixe à Sisco a fait cinq blessés légers et suscité une vive polémique. Pourtant, les circonstances et l'élément déclencheur du différend restent encore flous.

Samedi dernier, une bagarre a éclaté entre des jeunes de la région, rejoints par des proches, et trois familles d'origine maghrébine venues se baigner dans une crique près de ce village de Haute-Corse. Mais les versions sur le catalyseur de cette rixe sont diamétralement opposées les unes des autres.

"Ils sont venus tout de suite armés pour faire la guerre"

D'un côté, des témoins affirment que tout a commencé à cause d'un simple cliché. Pour certains, il s‘agissait de photos du paysage, pour les autres, ce sont une ou plusieurs femmes voilées qui se baignaient et qu’on photographiait. Il y a aussi ceux qui mettent en cause l'attitude des familles maghrébines à l'égard de touristes puis des jeunes.

"C'est un groupe de jeunes corses ayant entre 15 et 18 ans qui se baignait tranquillement sans chercher personne. Et eux ils étaient sur la plage et juste pour une photo prise dans le vide comme ça ils ont pensé qu'ils étaient visés. Ils sont montés et ils ont roué de coups mon frère", raconte la sœur d'une des victimes.

Même son de cloche du côté d'un autre témoin qui se dit indigné, car selon lui, "ils sont venus tout de suite armés pour faire la guerre. Ils avaient des couteaux, moi je n'avais rien, juste ma serviette de plage".

Ils n'ont pas cherché à comprendre, ils ont commencé à nous frapper

L'un des membres d'une des familles maghrébines reconnaît avoir eu un harpon sur lui à ce moment-là, mais il assure ne pas s'en être servi. Selon lui, ce sont les villageois corses qui ont entamé les hostilités, animés par le racisme.

"On commençait à manger en famille et il y a des jeunes qui se sont mis au-dessus des rochers. Ils ont commencé à nous traiter d'arabes, 'Retournez chez vous', 'Vous n'êtes pas les bienvenus'. On avait une seule femme qui était voilée, pas de burqa ni rien. On n'a rien à voir avec l'islamisme ou Daesh. Je leur ai dit 'Messieurs venez on va parler'. Mais ils n'ont pas cherché à comprendre, ils ont commencé à nous frapper", rapporte-t-il. 

L'homme a dû être extirpé de la bagarre par les forces de l'ordre et se dit sous le choc.

Marie-Caroline Meijer avec Mathias Tesson et Etienne Grelet