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Rennes: le chef de la BAC condamné à 10 mois de prison avec sursis pour "violence"

Un policier portant son arme à la ceinture (image d'illustration)

Un policier portant son arme à la ceinture (image d'illustration) - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le chef de la BAC de Rennes a été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour violence, faux en écriture et dénonciation calomnieuse.

Le chef de la BAC (Brigade anti-criminalité) de Rennes a été condamné jeudi en correctionnelle à 10 mois de prison avec sursis pour "violence par personne dépositaire de l'autorité publique", "faux en écriture publique" et "dénonciation calomnieuse".

Violences lors de l'interpellation

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et reconnu coupable le policier de l'ensemble des faits reprochés compte-tenu de leur "gravité". Son avocat, Frédéric Birrien, a annoncé qu'il allait faire appel.

Les faits remontent au 5 mai dernier lors de l'interpellation d'un jeune homme qui s'était réfugié dans un bar et opposait au policier une "résistance passive", selon les termes de la présidente du tribunal.

Le policier, âgé de 56 ans, avait porté un coup de genou au visage de l'interpellé qui était au sol, et avait ensuite été placé en garde à vue. Les faits ont pu être établis grâce à la vidéosurveillance de l'établissement.

Fonctionnaire depuis près de 30 ans, formateur, le policier avait reconnu que le procès-verbal d'interpellation contenait des éléments faux. Dans son jugement, le tribunal a estimé que le coup de genou "ne pouvait être considéré comme légitime".

1.800 euros d'amende

Il a également retenu les "faux en écriture" et la "dénonciation calomnieuse", considérant que le procès verbal dressé comportait des "éléments mensongers". Alors que le coup de genou porté au prévenu n'a pas été mentionné, un coup qu'aurait porté l'interpellé au policier a lui été inscrit dans le procès-verbal, alors qu'il n'a jamais eu lieu, selon les images de vidéosurveillance.

Le policier avait même porté plainte contre l'interpellé pour violences.

Ces faits "constituent une atteinte à l'individu et à l'institution judiciaire", a déclaré la présidente du tribunal, soulignant que les "déclarations mensongères du procès verbal (...) auraient pu conduire un tribunal à condamner l'interpellé". 

Le policier devra aussi verser à la victime 1.800 euros d'amende au titre du préjudice moral.

C.Br. avec AFP