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7 blessés, 5 gardes à vue: ce que l'on sait des violents affrontements lors d'une rave-party à Redon

Des violences ont éclaté entre fêtards et forces de l'ordre quand les gendarmes ont voulu empêcher l'installation d'une rave-party. Cinq personnes sont en garde à vue.

Des affrontements entre fêtards et forces de l'ordre ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi à Redon, à 60 kilomètres de Vannes en Ille-et-Vilaine. Les gendarmes tentaient d'empêcher l'installation d’une fête sauvage sur l'hippodrome de la ville.

Selon nos informations, les rumeurs d'organisation d'une rave-party circulaient pour rendre hommage à Steve Maia Caniço, mort il y a deux ans lors de la Fête de la musique au cours d'une opération de police. Le message d'un collectif avait été diffusé massivement sur les réseaux sociaux, appelant à un "Teknival des Musiques Interdites du 18 au 22 juin dans le Pays de la Loire". Ce message ne portant pas de précision de lieu, plusieurs préfectures, dont celle d'Ille-et-Vilaine, avaient alors décidé d'interdire tout rassemblement de ce type.

Gaz lacrymogènes contre jets de projectiles

Et c'est un peu après 23 heures que les teuffeurs se sont rassemblés sur l'hippodrome de Redon, où les forces de gendarmerie du Morbihan, de Loire Atlantique et d'Ille-et-Vilaine appuyés par des escadrons de gendarmes mobiles étaient déjà présents pour empêcher l'installation de la rave-party.

Les forces de l'ordre ont ensuite tenté de disperser la foule avec des gaz lacrymogènes et ont reçu de nombreux projectiles. Les affrontements se sont poursuivis toute la nuit. Une fois le jour levé, les tensions se sont calmées mais d'après le journaliste indépendant Clément Lanot présent sur place, des centaines de teuffeurs se sont installés à l'écart des forces de l'ordre dans un champ, et refusent toujours de quitter les lieux.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier est revenu ce samedi matin sur les événements de la nuit à Redon. Il a évoqué 1500 personnes qui se sont rassemblées progressivement dans la soirée de vendredi et des heurts d'une "extrême violence" qui ont duré plus de sept heures.

"Les gendarmes ont reçu des cocktails Molotov, des boules de pétanque, des morceaux de parpaing, des pétards" a détaillé le préfet.

Sept blessés, cinq personnes en garde à vue

Du côté des gendarmes, on compte cinq blessés dont deux qui ont été évacués à l'hôpital de Redon. Une enquête pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique a été ouverte et confiée à la brigade de recherche de Redon. Dans ce cadre, cinq hommes (nés en 2001, 2002, 1998, 1999 et 1984, sans antécédents judiciaires à l’exception du dernier) sont actuellement en garde à vue.

Le ministre de l'Intérieur "Gérald Darmanin suit de très près la situation à Redon. Il a annulé les événements prévus dans sa journée et fait des points réguliers avec les autorités", a-t-on indiqué dans son entourage. Le ministre a demandé de donner la priorité aux interpellations, selon la même source.

Chez les manifestants, il y a deux blessés, dont un jeune de 22 ans qui a perdu une main. Une enquête a été ouverte sous l'autorité du parquet de Rennes pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cet incident. Selon le parquet de Rennes, le jeune homme habite à Rennes et est inconnu de la Justice. Il subit actuellement une intervention chirurgicale tendant à une amputation. Cette enquête a été confiée à la Section de recherches de Rennes. Elle doit permettre de déterminer les circonstances exactes et l’origine de ces blessures, et sur cette base, d’éventuelles responsabilités pénales.

"Encore une fois, les autorités ont choisi la violence en lieu et place du dialogue. Des pluies de lacrymos et de grenades se sont abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête...", a réagi de son côté le collectif Teknival des musiques interdites.

"Là pour en découdre"

Interrogé sur ces incidents, le maire de Redon Pascal Duchêne est revenu lui aussi sur le déroulé exact de la nuit passée. D'abord, il y aurait eu selon lui un rassemblement de participants sur un parking de supermarché avant que le convoi ne se dirige vers l'hippodrome où les forces de l'ordre étaient déjà présentes:

"L'heure qui a suivi, ce sont des affrontements qui ont eu lieu. On n'était pas là pour faire la fête, on était là pour en découdre en réalité." a déploré Pascal Duchêne.

Présent sur place à environ 400 mètres de la zone d'affrontement, l'édile affirme avoir entendu non seulement des cris "impressionnants", mais aussi les bruits de nombreux projectiles, des cocktails Molotov aux gaz lacrymogènes.

Une enquête a également été ouverte pour faire la lumière sur l'organisation du rassemblement. Plusieurs centaines de personnes sont toujours sur place, et font la fête après avoir réussi à installer un système de son pour émettre de la musique techno. Autour, plus de 400 gendarmes ont bouclé toute la zone de l'hippodrome où la fête se déroule encore actuellement et empêchent toute nouvelle entrée. 60 pompiers se trouvent également sur place

Mélanie Vecchio et Louis Augry avec AFP