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Qui est Didier Lallement, le nouveau préfet de police de Paris?

Didier Lallement sera nommé préfet de Paris mercredi en conseil des ministres.

Didier Lallement sera nommé préfet de Paris mercredi en conseil des ministres. - AFP

Didier Lallement sera nommé préfet de police de Paris ce mercredi en conseil des ministres en remplacement de Michel Delpuech, écarté après les violences de samedi dans la capitale. Passé par différents cabinets ministériel, il est depuis 2017 préfet de la région Nouvelle-Aquitaine et préfet de la Gironde.

Michel Delpuech sert-il de fusible après les "dysfonctionnements" reconnus par le gouvernement au lendemain des violences commises dans la capitale lors de la manifestation des gilets jaunes? "Mercredi en Conseil des ministres, le président de la République nommera préfet de police M. Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, actuel préfet de la Nouvelle Aquitaine", a indiqué Edouard Philippe au milieu d'une série d'annonces, indiquant que le préfet de police de Paris Michel Delpuech était remplacé.

Expérience

Ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, actuel préfet de la région Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde, Didier Lallement, 62 ans, a occupé différents postes dans des cabinets ministériels. Conseiller à la fin des années 80 du secrétaire d'Etat aux Collectivités locales, Jean-Michel Bayet, puis directeur de cabinet de Jean-Pierre Sueur, lorsqu'il occupait ce même secrétariat, il a conseillé Jean-Pierre Chevènement lors de son passage place Beauvau. Directeur de l'administration pénitentiaire au début des années 2000, il est à l'initiative de la création du renseignement pénitentiaire et des Eris, les équipes régionales d'intervention et de sécurité.

Secrétaire du ministère de l'Intérieur, quand celui-ci était occupé par le socialiste Manuel Valls, après un long passage au ministère de l'Ecologie de Jean-Louis Borloo pendant lequel il dit avoir eu un sursaut environnemental, Didier Lallement était magistrat financier à la Cour des comptes avant d'être nommé en 2017 préfet de la région Nouvelle-Aquitaine et préfet de la Gironde. Tout au long de sa carrière, il a oeuvré pour une organisation décentralisée. "En tant que préfet de Région je ne suis pas obligé de rencontrer les préfets des départements, mais il est important de créer des synergies, de mettre en place un travail collégial", disait-il à La Tribune en décembre 2017.

Un préfet critiqué

Très expérimenté, ce père de cinq enfants a été préfet de l'Aisne, de la Saône-et-Loire et du Calvados. Il succède ainsi à Michel Delpuech, qui était passé par la préfecture d'Aquitaine. Là où certains dénoncent le privilège de la filière du Sud-Ouest, d'autres, plus sérieusement, s'étonnent du choix qui a été porté par Didier Lallement alors que les manifestations bordelaises des gilets jaunes ont été, elles-aussi, marquées par les violences. La place Pey-Berland sera d'ailleurs interdite de manifestation, a annoncé ce lundi Edouard Philippe, si des éléments ""ultras" prévoient d'y participer. 

Didier Lallement a également la cible des critiques de La France insoumise ces derniers jours. Le 2 mars,  le député Loïc Prud’homme avait reçu des coups de matraque alors qu’il quittait pacifiquement la manifestation pour rejoindre son vélo, avait-il expliqué sur Twitter. Il avait saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN) après ces faits. Une pétition avait aussi été lancée pour réclamer la tête du préfet. "Une prime au violent qui a échoué en Gironde!", a réagi ce lundi le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Justine Chevalier