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Propreté à Marseille: le "fini-parti" des éboueurs, c'est terminé

Le 12 mars 2010 sur une place de Marseille, des ordures se sont accumulées lors d'une grève d'éboueurs du secteur privé.

Le 12 mars 2010 sur une place de Marseille, des ordures se sont accumulées lors d'une grève d'éboueurs du secteur privé. - -

Ils étaient autorisés à débaucher dès qu'ils avaient fini le travail. Mais la cour administrative considère que "la pratique du 'fini-parti' est susceptible d'avoir une influence sur la qualité du service " et cette pratique sera donc supprimée dans les six mois.

La cour administrative d'appel de Marseille a estimé vendredi illégal un règlement intérieur de la communauté urbaine de Marseille qui autorise les éboueurs de la ville à pratiquer le "fini-parti", une pratique très critiquée leur permettant de débaucher lorsqu'ils jugent leur travail terminé.

Lors de l'audience du 4 avril, la cour avait considéré que ce point du règlement intérieur adopté en 2007 "aurait dû être soumis au vote des conseillers communautaires", dans la mesure où il "a pour effet de modifier le temps de travail" et qu'il est par conséquent "entaché d'incompétence".

Vendredi, la Cour a notamment considéré "que la pratique du 'fini-parti' est susceptible d'avoir une influence sur la qualité du service rendu (...) et "fait droit à la demande du requérant". Ce dernier, avocat et usager marseillais, Benoît Candon, défenseur d'associations citoyennes, avait vu son recours contre cette pratique rejeté en janvier 2012 par le tribunal administratif et avait fait appel.

"Il faut mieux nettoyer, et moins salir"

La cour a également "enjoint à la communauté urbaine d'abroger dans un délai de six mois, le point" concerné "du règlement intérieur de sa direction de la propreté urbaine".

Commentant cette décision, le maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin a déclaré qu'il n'avait "jamais été contre le 'fini-parti' à condition que le travail soit bien fait et bien fini". "Je n'ai jamais dit que je supprimerai le 'fini-parti', d'autres l'avaient dit il y a 6 ans. La justice tranche, par conséquent nous devons nous soumettre à la justice", a ajouté l'élu. Selon lui, "ce qui doit être fait à Marseille, c'est toujours plus d'efforts. Il faut mieux nettoyer, et moins salir. Et un peu plus de discipline. Quant aux chauffeurs de bennes qui lorsque je les croise (..) se croient sur le circuit Paul Ricard, il faut qu'ils se calment."

De son côté, Patrick Mennucci, candidat socialiste malheureux à la mairie de Marseille s'est félicité de cette décision estimant que "sa proposition lors de la campagne des municipales d'en finir avec le 'fini-parti' était justifiée". Cette décision "montre combien Jean-Claude Gaudin a préféré fermer les yeux sur ces pratiques", a encore ajouté Patrick Mennucci.

S. C. avec AFP