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Projet d'attentat jihadiste contre un sémaphore militaire en 2015: trois hommes renvoyés aux assises

Le fronton d'une cour d'assises avant un procès. (Illustration)

Le fronton d'une cour d'assises avant un procès. (Illustration) - Jean-Pierre Clatot - AFP

Trois personnes radicalisées soupçonnées d'avoir planifié un attentat contre un sémaphore militaire en France, ont été renvoyées devant une cour d'assises.

Les juges d'instruction antiterroristes ont renvoyé devant une cour d'assises trois jeunes radicalisés arrêtés en juillet 2015 et soupçonnés d'avoir planifié une attaque contre un sémaphore militaire dans le sud de la France et la décapitation d'un officier, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Arrêtés le 13 juillet 2015, les trois amis, dont l'un était un ancien soldat de la Marine, sont soupçonnés d'avoir projeté un attentat contre le sémaphore de Béar à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). Selon les enquêteurs, leur plan consistait en une attaque de soldats et la décapitation filmée du commandant de ce site de la Marine nationale, selon une source proche du dossier.

Rencontre sur internet

Dans une décision datée du 17 mai, les magistrats ont ordonné le renvoi devant une cour d'assises spéciale d'Ismaël Karioui, 19 ans, Antoine Frèrejean, 21 ans et Djebril Amara, 25 ans, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Le parquet de Paris avait demandé un procès devant le tribunal correctionnel, pour des qualifications moins graves, selon une source proche du dossier.

Les trois écroués font également l'objet de poursuites criminelles pour avoir voulu rejoindre les rangs du groupe jihadiste Etat islamique en zone irako-syrienne. L'un d'eux, Djebril Amara, a fait appel de son renvoi en procès.t

Les trois hommes avaient fait connaissance sur le forum d'un site de jeux vidéos en 2014 avant de fomenter leurs desseins jihadistes sur les réseaux sociaux, notamment via la messagerie cryptée Telegram.

Ni armes à feu, ni explosifs

Ismaël Karioui, le benjamin du groupe, avait reconnu être en contact avec un membre de Daesh, qui lui avait donné pour consigne de "frapper sur place en France". Sous le coup d'une interdiction de sortie du territoire, il ne pouvait se rendre en Syrie, selon une source proche du dossier. Djebril Amara, ancien soldat, avait reconnu avoir suggéré de s'attaquer au sémaphore de Béar où il avait été affecté comme guetteur avant d'être réformé de la Marine début 2015. 

Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient retrouvé des caméras, du matériel paramilitaire, des manuels en ligne de confection d'explosifs et un guide pour les aspirants au jihad syrien, mais ni armes à feu ni explosifs. Les suspects ont contesté la matérialité du projet, présenté comme une idée floue et non aboutie. 

G.D. avec AFP