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Procès de Valérie Bacot: l'accusée raconte sa "peur de mourir tous les jours" auprès de son mari violent

Procès de Valérie Bacot: l'accusée raconte sa "peur de mourir tous les jours" auprès de son mari violent

Valérie Bacot

Valérie Bacot, souvent considérée comme la nouvelle Jacqueline Sauvage, comparaît ce lundi aux Assises de Saône-et-Loire pour avoir tué son ex-beau-père, qui l'a violée dès l'âge de 12 ans avant de devenir à la fois son mari et son proxénète.

Fin de cette première journée de procès

Cette première journée du procès de Valérie Bacot a pris fin, celui-ci reprendra mardi à 9h.

"Il ne fallait pas dire non, ça ne se disait pas"

Valérié Bacot est interrogée à la barre sur la relation qu'elle entretenait avec son mari.

"Un sentiment amoureux?", lui demande son avocate

"Non", répond-elle.

"Des rapports consentis?"

"Il ne fallait pas dire non, ça ne se disait pas"

"Des amis, des relations sociales?"

"Non", répond-elle toujours.

Me Nathalie Tomasini revient enfin sur les agissements du grand-frère de Valérie Bacot sur cette dernière. Un acte sexuel lui revenant à l'esprit lorsque Daniel Polette abuse d'elle plus tard.

"Ce qui m'a le plus marqué, c'est surtout les mots"

Valérie Bacot raconte les insultes et les brimades qu'elle a endurées. "Le frigo qu'il me vidait dessus et je ne pouvais pas aller me coucher avant d'avoir fini de nettoyer." Le nez cassé, la balayette dans la tête, le coup de marteau, énumère-t-elle.

"Ce qui m'a le plus marqué, c'est surtout les mots. Les coups je pouvais comprendre, mais après je savais qu'il était plus calme."

"Je voulais me suicider", s'effondre Valérie Bacot

L'atmosphère dans la salle d'audience est électrique. En larmes, Valérie Bacot raconte avoir voulu protéger ses quatre enfants.

"Je voulais encaisser jusqu'à ce que mes enfants soient majeurs. Après je voulais me suicider. C'était ce que je voulais faire", explique-t-elle comme tétanisée.

"Est-ce que vous comprenez ce que c'est d'avoir la peur de mourir tous les jours?"

Après une suspension d'audience, Valérie Bacot s'avance désormais à la barre. L'avocat général l'interroge sur les coups qu'elle dit avoir reçus et que ni les enfants ni le médecin n'ont vu:

"Je faisais en sorte qu'on ne voit rien. Il faisait sortir les enfants à ce moment là. Je voulais protéger mes enfants. Je me maquillais", explique-t-elle.

L'échange entre l'accusée et l'avocat général se tend. "Mais vous ne comprenez pas? Est-ce que vous comprenez ce que c'est d'avoir la peur de mourir tous les jours?", lui lance Valérie Bacot.

"Est-ce que vous comprenez que vous n'avez pas à le tuer?", lui rétorque le magistrat.

"On s'est fait justice nous-même", témoigne celui qui a aidé Valérie Bacot à enterrer le corps

Le soir du 13 mars 2016, Valérie Bacot envoie un message à Lucas G. "C'est fait, prépare-toi".

"Elle arrive bouleversée, elle est en larmes, pas coiffée" explique le témoin. Ils retournent sur les lieux du crime, Lucas vérifie alors que Daniel Polette est bien mort.

"On retourne à la maison. On l'annonce aux garçons et à Karline. Sauf au plus petit (...) Puis vers minuit-1h, on décide de prendre des vêtements et d'aller enterrer le corps (...) On s'est fait justice nous-même, et ce n'était peut-être pas la bonne décision. Car au final, on n'en serait pas là.

"On voulait qu'il parte sans représailles"

Il raconte les conversations qu'il a eu avec Valérie Bacot sur la manière de faire partir "sans représailles" Daniel Polette.

"On voulait qu'il parte sans représailles derrière. Qu'il ne revienne pas et qu'il ne continue pas à faire de mal.

-Qui "on"? lui demande la présidente

-Ben moi et Valérie.

-Et il est question de le tuer à ce moment-là ?

-Oui."

"J'ai peur pour mes enfants": les confidences de Valérie Bacot à son anciens beau-fils

Pendant sa relation avec Karline, Lucas G. reçoit les confidences de Valérie Bacot. Cette dernière lui explique que son mari est alcoolique, "il a des armes à la maison, j'ai peur pour mes enfants", lui dit-elle.

Une version que lui livre également Karline un peu plus tard.

"Elle s'est sauvé la vie": la cour entend un témoin

La cour a entendu son premier témoin cet après-midi. Il s'agit de Lucas G., l'ancien petit ami de Karline, la fille de Valérie Bacot. Lucas G. a été condamné en 2019 pour avoir aidé l'accusée à enterrer le corps de Daniel Polette.

"Elle s'est sauvé la vie, et j'ai aidé à dissimuler le corps et ça nous a emmené ici", explique-t-il à la barre.

Au début de l'enquête, Valérie Bacot assure que "son mari a disparu après une dispute"

Le procès a repris avec l'audition du directeur d'enquête.

Au début de l'enquête, Valérie Bacot assure que "son mari a disparu après une dispute, qu'il n'a plus donné signe de vie."

Elle explique aux enquêteurs que Daniel Polette a pu déménager au Canada, où il envisageait d'y vivre.

Finalement, elle est interpellée plus d'un an après les faits en octobre 2017. Elle avoue alors avoir tué son mari.

Le difficile récit de la prostitution forcée de Valérie Bacot

L'audience a été suspendue à la mi-journée et doit reprendre d'ici quelques minutes.

En fin de matinée, la cour est revenue sur la prostitution forcée de Valérie Bacot par Daniel Polette, avec des clients parfois violents.

Daniel Polette a forcé Valérie Bacot à se tatouer les parties intimes avec son nom, comme pour asseoir sa domination:

Des viols à répétition pendant des années

A la barre, Valérie Bacot raconte les viols qu'elle a subi, dès l'adolescence, par Daniel Polette, qui était alors son beau-père:

"J'ai compris que si je voulais que ça passe vite, il valait mieux que je me laisse faire", explique-t-elle à la cour.

Après avoir été condamné pour agressions sexuelles sur mineur à la suite d'un signalement d'un membre de la famille, Daniel Polette retrouve la liberté et revient au domicile de Valérie Bacot et sa mère. Le viols reprennent alors.

Les enfants de Valérie Bacot présents

Le procès se poursuit avec la lecture des faits, notamment la nuit du 13 mars 2016, cette nuit où Valérie Bacot a tué son mari d'une balle dans la nuque.

Sur le banc des parties civiles, les quatre enfants de Valérie Bacot qu'elle a eu avec Daniel Polette, sont là pour la soutenir.

Ils espèrent la relaxe de leur mère, ou bien une grâce présidentielle, comme ce fut le cas pour Jacqueline Sauvage.

"Je mérite une peine" déclarait Valérie Bacot à BFMTV

Quelques jours avant son procès, Valérie Bacot s'était confiée à BFMTV.

"Je sais ce que j'ai fait, je sais ce que c'est horrible ce que j'ai fait et que je mérite une peine", déclarait-elle devant nos caméras, tout en expliquant ne pas être "capable de l'expliquer parce que même moi, intérieurement, dans ma tête, il est encore là".

Valérie Bacot interrogée dès ce lundi

Le procès a démarré peu après 9 heures par le tirage au sort des jurés. Puis la présidente de la cour d'assises de la Saône-et-Loire doit interroger Valérie Bacot directement sur les faits.

Cet après-midi, la cour d'assises entendra le gendarme qui a dirigé l'enquête, puis deux témoins.

Qui est Valérie Bacot?

Le parcours de vie de Valérie Bacot est marqué depuis son plus jeune âge par un climat familial violent et instable.

Avant de tirer en 2016 sur Daniel Polette, son beau-père et mari qui la prostituait, elle avait subi des viols à répétition pendant des années.

Premier jour du procès de Valérie Bacot

Bonjour à tous, bienvenue dans ce direct consacré au procès de Valérie Bacot, accusée d'avoir tué son ex-beau-père, qui l'a violée dès l'âge de 12 ans avant de devenir à la fois son mari et son proxénète.

Le procès a démarré ce matin à Chalôn-sur-Saone (Saône-et-Loire) et doit durer jusqu'à vendredi.

Par BFMTV