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Procès Outreau: Myriam Badaoui charge le juge Burgaud 

Le juge Fabrice Burgaud à la Cour de cassation à Paris en mai 2014.

Le juge Fabrice Burgaud à la Cour de cassation à Paris en mai 2014. - Fred Dufour - AFP

Myriam Badaoui, condamnée pour le viol de ses enfants, a mercredi lourdement chargé, pour expliquer ses mensonges, le juge Fabrice Burgaud qui avait en charge l'instruction de cette affaire.

Son témoignage a duré quatre heures devant la cour d'assises pour mineurs d'Ille-et-Vilaine. Myriam Badaoui, mère violeuse et personnage clé de l'affaire Outreau a accusé le juge Fabrice Burgaud d'avoir fait pression sur elle lorsqu'il était en charge de l'instruction en 2001 et 2002.

"Il tapait du poing sur le bureau"

"Dans le bureau de Monsieur Burgaud, pour la première fois j'avais un homme devant moi qui m'écoutait et (pour) qui j'avais beaucoup d'importance...", a-t-elle expliqué à la barre, pressée de questions sur ses multiples dépositions détaillées à partir desquelles s'est construite cette affaire de "réseau pédophile présumé".

"Après, quand je rentrais en cellule, je me disais: 'tu dis n'importe quoi' et quand je voulais revenir sur mes déclarations, il (le juge) me disait que j'étais une menteuse...", a-t-elle ajouté d'une voix cassée, pleurant toujours. "C'est très difficile parce que des vies ont été détruites... et Monsieur Burgaud m'a pas aidée non plus".

"Lorsque je disais la vérité, le juge n'était pas content, il tapait du poing sur le bureau et il m'a parlé de Daniel Legrand en me montrant des photos, il m'a dit qu'il avait eu un problème en Belgique...", a expliqué Myriam Badaoui. "Et c'est pareil pour Monsieur (Alain) Marécaux (un autre des acquittés d'Outreau, ndlr), quand je donnais un nom qui lui convenait pas (au juge, ndlr), il me parlait d'autres personnes...".

Un responsable idéal

Fabrice Burgaud avait dirigé en 2001 et 2002 l'instruction de cette affaire "Outreau" qui s'est soldée par l'acquittement de 13 des 17 accusés, un "fiasco judiciaire". Pour son avocat, interrogé par BFMTV, son client est toujours le "responsable idéal" de l'affaire.

"Quel crédit on peut donner à la parole de Madame Badaoui, s'interroge Me Maisonneuve, après plus de dix ans, quinze ans de procédure. On sait qu'elle a menti. Elle a menti dans des audiences (...) Il faut suivre le sens du courant, et le sens du courant c'est de mettre en cause le juge Burgaud".

MG. avec AFP