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Procès en appel à Lyon du couple accusé de recel d'œuvres de Picasso: "Je referais pareil"

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Pierre Le Guennec, ancien électricicien de Pablo Picasso, et son épouse Danielle sont jugés devant la cour d'appel de Lyon ce mardi. Ils assurent que les 271 œuvres de l'artiste en leur possession sont "un magnifique cadeau" de la veuve de Picasso.

L'ex-électricien de Pablo Picasso et son épouse ont soutenu mardi devant la cour d'appel de Lyon que les 271 œuvres de l'artiste en leur possession étaient "un magnifique cadeau" de la veuve de l'artiste.

Si c'était à refaire ? "Je referais pareil", a assuré Pierre Le Guennec, ancien artisan, 80 ans, tout dévoué à "Madame", comme il appelle Jacqueline, la dernière épouse de Picasso.

Une nouvelle version

Sa femme Danielle Le Guennec, 76 ans, a pour sa part entretenu "15 ans de fidélité" avec la veuve de Picasso, qui lui "téléphonait deux fois par jour".

Déjà condamné à deux reprises pour le recel de ces œuvres (dessins, lithographies, collages...), le couple assure désormais, après avoir soutenu en première instance que le don avait été fait du vivant de Picasso et avec l'accord de ce dernier, que les œuvres leur ont été remises après la mort de Picasso.

Un changement de version "pour nos enfants, pour qu'ils n'aient pas d'ennuis", s'est justifiée Danielle Le Guennec, en fauteuil roulant.

Des œuvres de 1900 à 1932

"Madame m'a demandé de mettre chez moi des choses" au moment où la veuve était en litige avec les héritiers du peintre, a déclaré à la barre son mari. Plus tard, Jacqueline lui aurait demandé de les lui rendre, sauf un pour lequel elle aurait dit "Gardez-le, c'est pour vous", selon lui.

Le couple a gardé le secret sur "ce magnifique cadeau" pendant près de quarante ans. "C'était peut-être un secret qu'on gardait dans notre coeur, c'était à nous", a ajouté la septuagénaire.

Les œuvres avaient refait surface lorsque Pierre Le Guennec s'était présenté au fils de l'artiste, Claude Ruiz-Picasso afin d'en faire authentifier une partie, dont un carnet de 91 esquisses, le tout datant de 1900 à 1932. Les héritiers avaient aussitôt porté plainte.

"Si j'avais été intéressé, je serais allé voir un expert ou une galerie pour les vendre", a dit Pierre Le Guennec, assurant ne pas savoir "ce que ça vaut".
BR avec AFP