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Procès du bijoutier niçois: 5 ans de prison avec sursis requis contre Stéphane Turk

5 ans de prison avec sursis ont été requis contre le bijoutier niçois Stéphane Turk -

5 ans de prison avec sursis ont été requis contre le bijoutier niçois Stéphane Turk - - AFP

Le bijoutier niçois Stéphane Turk, accusé d'avoir tué un jeune braqueur de 19 ans après s'être fait dévaliser, est jugé depuis lundi par la Cour d’assises des Alpes-Maritimes. Cinq ans de prison avec sursis ont été requis contre lui.

Une peine de 5 ans de prison avec sursis a été requise ce jeudi contre Stéphane Turk, un bijoutier niçois qui avait tué en 2013 un jeune braqueur qui prenait la fuite après l'avoir dévalisé.

"Ce n'est pas un meurtre de sang froid"

"On a beaucoup dit que c'était le procès de la légitime défense, ce n'est pas vrai (...), il n'y a pas d'autre solution que d'écarter la légitime défense", a déclaré au cours de son réquisitoire l'avocate générale Carole Chassain: "au moment où il prend son arme, il n'y a plus de danger pour lui (...), l'agression est terminée quand Stéphane Turk choisit de prendre son arme".

La magistrate a également énuméré les preuves, à ses yeux, de l'intention homicide de l'accusé, qui encourt 30 ans de réclusion criminelle: le choix d'une arme létale, de calibre 7.65, alors qu'il avait aussi à sa disposition un pistolet Gomme Cogne, qui lance des balles de caoutchouc, la posture de tir, le fait qu'il connaissait bien les armes, et le fait qu'il ait ajusté sa visée pour éviter une balle perdue.

Mais Carole Chassain a toutefois estimé que le vol avec arme dont venait d'être victime l'accusé constituait "une circonstance atténuante" : "Ce n'est pas un meurtre de sang froid", a-t-elle pointé.

Ne pas "céder à la clameur publique"

Ce jeudi matin, les avocats de la famille de la victime Anthony Asli, mort à l'âge de 19 ans, se sont succédé à la barre pour appeler les jurés à ne pas céder aux arguments du bijoutier qui plaide la légitime défense depuis cinq ans.

"Il s'agit d'un meurtre et de légitime défense, il n'y a en a jamais eu", a plaidé Me Philippe Soussi, appelant à appliquer la loi avec un verdict "équilibré, humain, émouvant" sans rien céder à "la clameur publique". "Il y aurait une loi Stéphane Turk "tu me prends mon bien, je te tue"?", a-t-il demandé aux jurés. Dénonçant le climat "nauséabond" déclenché par l'affaire, récupérée par des élus, il a lu à l'audience les messages de soutien reçus par le bijoutier sur les réseaux sociaux, certains posts regrettant qu'il n'ait pas tué le second braqueur Ramzi Khachroub, condamné à 10 ans de prison en appel.

Verdict attendu dans la soirée

En septembre 2013, Stéphane Turk avait ouvert le feu vers le scooter sur lequel s'enfuyaient les deux jeunes hommes qui venaient de braquer sa boutique. L'une des balles avait touché mortellement dans le dos Antony Asli, 19 ans.

Rapidement mis en examen, le bijoutier avait reçu de nombreuses marques de soutien, renouvelées notamment par le Front national et le maire LR de Nice Christian Estrosi à l'ouverture de son procès lundi devant les assises des Alpes-Maritimes.

Le verdict est attendu dans la soirée après la plaidoirie de la défense. 

M. F. avec AFP