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Procès du "bébé dans le coffre": 8 ans de prisons requis à l'encontre de la mère de Serena

Rosa Maria Da Cruz a été condamnée à cinq ans de prison dont 3 avec sursis.

Rosa Maria Da Cruz a été condamnée à cinq ans de prison dont 3 avec sursis. - AFP

L'avocat général de la cour d'assises de Tulle a réclamé une peine exemplaire de huit ans de prison ce vendredi matin.

Elle est jugée pour avoir dissimulée aux yeux de tous l'existence de sa fille et pour lui avoir infligé des privations. Huit de prison ont été requis ce vendredi matin par l'avocat général de la cour d'assises de Tulle à l'encontre de Rosa Maria Da Cruz, la mère de Serena. La déchéance de l'autorité parentale sur l'enfant, ainsi qu'une obligation de soins a été réclamée à l'encontre de cette femme de 50 ans. 

"L’avenir de Serena est avec sa famille d’accueil", a d'ailleurs martelé le représentant du parquet, rappelant que cette mère de trois autres enfants, si elle était séparée d'eux, "ce sera de sa seule responsabilité".

"On lui a volé son procès"

Décrite par les experts, la personnalité de Rosa Maria da Cruz, la mère de Séréna découverte en 2013 dans un coffre de voiture, n'a guère éclairé la Cour sur le "pourquoi" d'une affaire de dissimulation hors normes. Mais plusieurs experts, parfois s'opposant, en ont décrit les mécanismes, évoquant une "genèse" possible dans ses maternités traumatiques précédentes. Le ministère public refuse l'idée qu'un déni de grossesse a pu provoquer cette dissimulation.

"J’ai de la compassion pour Mme Da Cruz, car on lui a volé son procès. Elle a été instrumentalisée. On lui a mis entre les mains un étendard qui ne lui correspond pas", a d'ailleurs réagi, sévèrement l'avocat général lors de son réquisitoire, revenant sur la thèse plaidée par la défense de l'accusée. Ajoutant: "Ce n’est pas le procès du déni de grossesse, mais celui de la dissimulation de l’enfant ."

En 2013, Serena, alors âgée de deux ans, avait été découverte par un garagiste dans le coffre du véhicule de sa mère. Souffrant d'un important retard de croissance, la petite fille porte de sévères séquelles encore aujourd'hui: un "déficit fonctionnel à 80%", un "syndrome autistique vraisemblablement irréversible", lié "sans ambiguïté", selon les expertises, aux conditions des 23 premiers mois de sa vie. 

J.C. avec AFP