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Procès des tournantes : "on s'est senties plus accusées que victimes"

Aurélie, l'un des deux plaignantes dans l'affaire des tournantes

Aurélie, l'un des deux plaignantes dans l'affaire des tournantes - -

DOCUMENT BFMTV - Le procès des tournantes s'est achevé ce jeudi, sur un verdict "incompréhensible" pour les parties civiles. Aurélie, l'une des plaignantes, témoigne sur BFMTV.

Le verdict dans l'affaire des tournantes est tombé dans la nuit de mercredi à jeudi, après trois semaines de débats tendus à huis clos. La cour d'assises du Val-de-Marne a reconnu des viols commis entre 1999 et 2001 dans les cités de Fontenay-sous-Bois, sur une seule des plaignantes, Nina, 29 ans. Un verdict "mi-figue, mi-raisin", selon les mots de l'avocate d'une plaignante, qui a suscité une grande indignation dans les rangs féministes et politiques.

BFMTV a rencontré Aurélie, une des jeunes plaignantes. Les quatre hommes poursuivis pour des faits sur sa personnes ont été acquittés. Voici son témoignage.

"On a été insultées"

"On s'est senties plus accusées que victimes", confie Aurélie "On a été insultées, notre parole a toujours été mise en doute par la défense".

Aurélie dénonce la lenteur de la justice "ça fait 6 ans qu'on attendait ce procès", qui explique, selon elle, le verdict. Aurélie reconnaît avoir attendu pour porter plainte, de peur des "représailles".

Lorsqu'elle s'est décidée à le faire, "on a retrouvé des balles de 9 mm dans la boîte au lettres de mon père, raconte-t-elle, ma mère a été agressée au cutter, et ma porte a été fracturée deux fois. parce qu'on a relancé les médias pour avoir une date d'audience, parce qu'on n'en pouvait plus".

"On souffrira toute notre vie"

"Ca fait 13 ans qu'on souffre, on souffrira toute notre vie parce qu'on n'arrive pas à tourner la page" poursuit Aurélie, qui livre son incompréhension devant les peines.

"j'avais une vie rangée, (...) on est venu me chercher, on m'a dit, tu as 48 heures pour savoir si tu veux porter plainte ou pas. (...) Je ne voulais pas porter plainte. Et après on se dit "ça ne peut pas rester impuni, il faut qu'il paient d'une manière ou d'une autre".

Malheureusement je n'ai pas été entendue. c'est pas 6 ans après ou un mois après, c'est tout de suite".

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