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Procès Dekhar: absent, le photographe de Libé se dit "tétanisé" à l'idée d'être confronté au tireur

Abdelhakim Dekhar.

Abdelhakim Dekhar. - Benoit Peyrucq - AFP

Au lendemain du témoignage fort de Philippe Antoine, ancien rédacteur en chef de BFMTV, qui avait été pris pour cible par Abdelhakim Dekhar avec une arme, la justice devait entendre César Sébastien, blessé par "le tireur de Libé".

Il n'a pas pu faire le déplacement. César Sébastien, qui a été grièvement blessé par Abdelhakim Dekhar, jugé pour "tentatives d'assassinat", devait venir ce mercredi témoigner devant la cour d'assises de Paris. Impossible pour le jeune assistant-photographe de Libé qui n'a pas pu se présenter devant la justice et surtout qui ne pouvait être confronter au tireur. A la place de ce témoignage, le président de la cour a lu une lettre rédigée par la victime. 

"Depuis huit jours, je dors mal, je fais des crises d'angoisse, a lu le président de la cour d'assises de Paris. Assister à cette audience est trop dur pour moi. Je vous prie de m'excuser."

Le 18 novembre 2013, Abdelhakim Dekhar a pénétré dans les locaux du journal Libération, situés alors dans le IIIe arrondissement de Paris. Il avait tiré à deux reprises. La première balle dans la vide. La seconde a atteint César Sébastien, dans le dos. Alors âgé de 23 ans, l'assistant-photographe est touché au niveau du thorax. La balle passe à deux millimètres de son coeur. "J’ai constaté que je saignais, je me suis allongé et on m’a secouru (...), raconte dans la lettre la victime. J'avais du sang partout. (...) Je pensais être mort."

"L'homme qui a failli arrêter ma vie"

César Sébastien a alors été pris en charge à la Pitié-Salpêtrière. Son pronostic vital est engagé, il doit subir une opération. "Depuis quatre ans, je lutte pour me reconstruire, confie encore le photographe. Mes cicatrices, la douleur dans mes côtes et le bas des reins me rappellent quotidiennement ce qu'il s'est passé." Depuis quatre ans, César Sébastien vit "quotidiennement avec ces souvenirs", rappelle Me Soussen, son avocat, qui prépare son client à cette audience "depuis septembre".

"J’ai tout fait pour me convaincre de venir mais c’est au-dessus de mes forces. (...) Me retrouver dans la même pièce, dans cette atmosphère, avec l'homme qui a failli arrêter ma vie, me tétanise", conclut enfin le jeune homme.

Mardi, Philippe Antoine, ancien rédacteur en chef de BFMTV, était venu témoigner lors de ce procès. Le 15 novembre 2013, alors qu'il se trouvait dans le hall de la chaîne, il avait été pris pour cible par Abdelhakim Dekhar qui n'avait, alors, pas fait usage de son arme. "La scène dure à peine 20 secondes. Un homme descend les escaliers rapidement et pointe une arme sur moi. (...) Il fait demi-tour puis s'en va", a témoigné l'actuel directeur de la rédaction de RMC, qui parle de son "sentiment de culpabilité" vis à vis de César Sébastien.

Et de revenir sur les déclarations d'Abdelhakim Dekhar au premier jour du procès, assurant qu'il n'avait pas voulu s'en prendre "à la personne humaine": "Il lui tire dessus, ça me révulse, je trouve cela abject, il lui tire dans le dos!"

Justine Chevalier