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Prisons: les syndicats appellent à reconduire le blocage, nouveau rendez-vous prévu avec la ministre

Le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin.

Le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin. - DAMIEN MEYER / AFP

La Garde des Sceaux s'est exprimée ce lundi après-midi devant la presse au sortir de son rendez-vous avec les syndicats pénitentiaires, alors que le mouvement des gardiens de prison en est à son huitième jour. Elle a indiqué que les discussions se poursuivraient mardi. Insatisfaits, les syndicats appellent à reconduire le blocage.

Ce lundi matin, au huitième jour du mouvement de protestation agitant actuellement le monde des surveillants pénitentiaires excédés par leurs conditions de travail et les agressions dont ils sont victimes, 114 établissements étaient bloquées, et 23 étaient encore touchées à la mi-journée. Dans ce contexte, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, recevait les syndicats dans ses bureaux de la Place Vendôme. A son issue, la déception des syndicats a été à la hauteur de leurs attentes. 

"Je sais la difficulté de leur condition" 

Au programme de l'entretien: gouvernement et organisations syndicales devaient travailler ensemble à une sortie de crise après que les secondes ont refusé les premières propositions de l'exécutif ce week-end. Prenant la parole devant la presse dans la foulée, la Garde des Sceaux a montré que rien n'était encore réglé. 

Elle a tout d'abord choisi de "redire (son) soutien aux personnels" des établissements pénitentiaires. "Je sais la difficulté de leur condition, due aussi à la nature de la population dont ils ont la responsabilité", a-t-elle affirmé. Elle a relevé: "les agressions et tentatives d’assassinats pour un certain nombre d’entre eux, c’est dire la gravité et le caractère inacceptable de ces agressions". Elle a ensuite rappelé les mesures gouvernementales envisagées durant le week-end et rejetées par les syndicats qui les ont trouvées insuffisantes:

"Ces propositions portaient d’une part sur la question de la sécurité, avec des équipements, des formations à la sécurité, mais aussi sur la gestion des détenus radicaux ou violents avec un processus d’évaluation et de gestion dans des quartiers spécialement habilités. Et en terme d’emploi, la création de 1100 postes de surveillants supplémentaires en quatre ans."

Les syndicats, mécontents, appellent à poursuivre le blocage 

Pour elle, ce refus ne doit pas être confondu avec une fin de non-recevoir. Evoquant la réunion de ce lundi, elle a lancé: "Je leur ai fait part de mon souhait de ne pas abandonner ce qui avait été acquis la semaine dernière. On s’est accordé sur le fait de retravailler ces propositions". D'ici là, tout est remis à ce mardi: "On va se revoir demain pour parler de la question de l’emploi, de la question indemnitaire et de la sécurité."

Si la ministre a fait valoir que la création de 1.100 nouveaux emplois en quatre ans dans ce secteur était déjà un "effort conséquent", elle a semblé en effet ménager une ouverture dans le domaine des revenus: "Ils ont aussi souhaité, et je leur ai fait part de mon accord, que la question indemnitaire soit abordée." "Je me suis engagée à faire des propositions en matière indemnitaire", a-t-elle même déclaré. 

Les syndicalistes ont affiché leur déception devant la tournure de l'entrevue: l'organisation majoritaire UFAP a assuré que ça n'avait "absolument pas avancé" tandis que FO rendait un verdict identique. Ils ont appelé à reconduire le blocage mardi. "Il est hors de question pour nous de suspendre le mouvement", a déclaré le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice, Jean-François Forget. Son homologue à FO, Emmanuel Baudin, a lui appelé à "amplifier" le mouvement, qui est entré lundi dans sa deuxième semaine.

Robin Verner, avec AFP