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Blocage des prisons: la ministre de la Justice va recevoir les syndicats

Le mouvement des gardiens de prison a entraîné le blocage de 114 prisons ce lundi matin, selon FO-Pénitentiaire. Alors que les syndicats sont reçus par la ministre de la Justice, l'administration pénitentiaire indique que 10 établissements sont toujours bloqués.

Face aux tensions dans les prisons, les gardiens ont appelé au "blocage total" des établissements pénitentiaires. Ce lundi matin, 114 prisons étaient bloquées sur un total de 188, selon FO-Pénitentiaire qui a d'abord annoncé le blocage de 130 établissements. L'administration pénitentiaire a parlé elle de 55 prisons touchées par le mouvement des gardiens. A 14 heures, encore 10 prisons étaient bloquées de l'extérieur, alors que les gardiens du service de jour ont refusé de prendre leur fonction dans 13 autres. 

Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, reçoit ce lundi les organisations syndicales après le rejet des propositions du gouvernement, dans un climat de tension alimenté par des agressions à répétition. Elle a appelé "à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés". 

Une nouvelle agression dimanche soir

Dimanche soir, un détenu s'en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais). Il les a agressés avec un pied de table en fer et les a blessés aux bras, ont indiqué l'administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa. Le syndicat FO a appelé les gardiens de Longuenesse à "ne pas prendre les clés" lundi matin, c'est-à-dire à ne pas prendre le travail et à laisser les forces de l'ordre prendre le relais.

Ces agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C'est l'agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation des gardiens dans toute la France, l'Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais elles ont refusé samedi de signer le "projet d'accord" qui en est sorti.

"Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s'arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes", a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche.

FO-Pénitentiaire, qui ne s'est pas assis à la table des discussions avec le gouvernement, a appelé à "amplifier la pression" pour faire notamment entendre des revendications salariales. La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible "jusqu'à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications".

A. K. avec AFP