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Prisons: 1500 places créées pour isoler les détenus radicalisés

Edouard Philippe entouré d'une partie du gouvernement après un comité interministériel sur la déradicalisation.

Edouard Philippe entouré d'une partie du gouvernement après un comité interministériel sur la déradicalisation. - BFMTV

Le Premier ministre a dévoilé un plan de 60 mesures pour lutter contre la radicalisation. Parmi elles, la création de quartiers spécifiques pour les détenus radicalisés.

A Lille ce vendredi, Edouard Philippe a présenté un nouveau plan de 60 mesures contre la radicalisation: parmi elles, la création de 1500 places de prison pour isoler les détenus radicalisés dans des quartiers "étanches". Quelque 450 d'entre elles seront créées d'ici à la fin de l'année. Une annonce qu'Edouard Philippe avait faite fin janvier, lors du mouvement des surveillants de prison. La gestion des détenus radicalisés était au coeur de leurs revendications.

Le Premier ministre annonce également l'ouverture de trois nouveaux quartiers d'évaluation de la radicalisation, où la dangerosité des prisonniers est évaluée pendant plusieurs mois. "En tout, il en existera donc six en France", selon Edouard Philippe. Les trois quartiers existant se trouvent dans les prisons d'Osny, Fresnes et Fleury-Mérogis. Deux seront créés à Vendin-le-Vieil (60 places), un autre à Condé-sur-Sarthe dans l'Orne (30 places environ). L'un d'eux sera réservé aux détenus de droit commun. Objectif: évaluer jusqu'à 250 détenus par an.

512 personnes incarcérées pour faits de terrorisme

Deux quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) doivent être créés en 2018 à Vendin-le-Vieil et à Condé-sur-Sarthe, sur le modèle de celui existant dans la prison de Lille-Annoeulin, qui compte actuellement 19 détenus. L'objectif est de placer 25 détenus par QPR. 

Le plan acte également la création de trois nouveaux "centres de prise en charge individualisée" en milieu ouvert, qui s'inspirent d'un centre au Danemark. Ils concerneront principalement des personnes sous contrôle judiciaire, notamment des "revenants" des zones de combat jihadistes en Syrie et en Irak.

Les détenus pour terrorisme et les radicalisés de droit commun seront répartis dans 78 établissements (sur un total de 188 prisons en France), encadrés par des personnels spécifiquement formés.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés". 

A. K.