BFMTV

Le plan du gouvernement contre la radicalisation jihadiste

Empêcher la diffusion des idées jihadistes en prison et prévenir la "contagion" aux plus jeunes sont les deux principaux objectifs du nouveau plan de lutte gouvernemental contre la radicalisation jihadiste, présenté ce vendredi à Lille par Édouard Philippe.

C'est le troisième plan de lutte contre la radicalisation en quatre ans. En déplacement ce vendredi à Lille, le Premier ministre Édouard Philippe va présenter les nouvelles mesures du gouvernement contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons, trois ans après les attentats de janvier 2015.

Selon Le Figaro, 19.745 individus sont recensés à ce jour au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Le "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par Emmanuel Macron, devrait compter une soixantaine de dispositions. Une douzaine de ministères participent à ce nouveau plan.

Prison: éviter la "contagion"

Le volet le plus attendu concerne les prisons. Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés". Face à ce phénomène identifié dans le milieu carcéral, le gouvernement veut prévenir la "contagion". Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre doit annoncer des mesures renforçant "l'étanchéité" entre les détenus radicalisés et les autres, ainsi qu'une meilleure détection et répartition, pour décongestionner les maisons d'arrêt d'Île-de-France, où sont incarcérés 60% des détenus poursuivis pour actes de terrorisme.

Retour des mineurs jihadistes

Concernant les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste, le Premier ministre devrait notamment lancer le chantier de la professionnalisation des personnels amenés à prendre en charge des "lionceaux du Califat" de retour de Syrie ou d'Irak après avoir été embrigadés par Daesh. Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, âgés en quasi-totalité de moins de 13 ans, sont de retour en France. Quelque 500 seraient encore au Levant.

Mais l'exécutif a aussi pris soin de développer un large volet de prévention, conscient que la "déradicalisation" s'avère très difficile. Les difficultés des autorités françaises à trouver une parade efficace avaient été symbolisées par l'échec du premier centre de "déradicalisation", en Indre-et-Loire, qui n'avait accueilli personne, car il était basé sur le volontariat.

  • Détection et "contre-discours"

Sur un volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et d'éducation aux médias (anti-complotisme...), l'exécutif devrait confirmer son soutien à une proposition venue du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat, afin de combattre l'émergence de structures islamistes.

En appui de la campagne "Stop Jihadisme" lancée en 2016, l'exécutif réfléchit aussi à des dispositifs de contre-discours plus ciblés, mais aussi à mieux coordonner les alertes sur la radicalisation dans les structures psychiatriques. Un volet du plan doit également favoriser une meilleure détection des cas de radicalisation, chez les élèves, parmi les fonctionnaires et dans les milieux sportifs, selon des sources proches de l'exécutif.

Louis Nadau avec AFP