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Prise d'otage à la prison de Condé-sur-Sarthe: ce que l'on sait du détenu

Deux surveillants ont été retenus en otage mardi par un détenu multirécidiviste de la prison de Condé-sur-Sarthe. Ils ont été libérés dans la soirée.

C'était sa sixième prise d'otages depuis 2006. Le détenu de 35 ans qui a pris en otage deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe mardi est un récidiviste bien connu de l'administration pénitentiaire.

"On a affaire à un détenu qui est un spécialiste de la prise d'otages", affirmait mardi soir le secrétaire national de l'UFAP-UNSA Justice sur notre antenne. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il avait été placé dans cette prison, considérée comme la plus sûre de France.

Vingt prisons

Emprisonné depuis ses 16 ans pour vol avec violences, il purge actuellement une longue peine de prison. Inscrit au registre des "détenus particulièrement surveillés", cet individu a déjà été condamné dans diverses affaires, notamment pour meurtre d'un codétenu ou pour viol en 2000. 

Par ailleurs, "il est suivi au titre de la radicalisation, ce qui démontre qu'il est dans les radars de l'administration pénitentiaire. Néanmoins il n'a jamais été condamné pour une infraction en lien avec du terrorisme", indiquait sur notre antenne mardi Youssef Badr, porte-parole du ministère de la Justice.

Selon nos informations, ce détenu, qui était déjà passé par 20 prisons différentes, présente des troubles psychiatriques et une addiction à la drogue pour laquelle il suit un traitement. Pendant la prise d'otages, il a réclamé des médicaments et son transfert dans un autre établissement – une demande faite à plusieurs reprises auparavant – en évoquant sa famille.

Un détenu "de confiance"

"Il souhaite un transfert dans un autre établissement. Il souhaite aussi changer de médecin car le médecin d'ici ne lui va pas. C'est quelqu'un qui est très demandeur et qui ne supporte pas l'administration pénitentiaire", a expliqué sur notre antenne Emmanuel Guimaraes, trésorier général du syndicat national pénitentiaire FO. 

Malgré ce très lourd CV, cet homme de 35 ans, qui a été placé en garde à vue mardi soir après la libération des otages, avait été "classé par la direction locale" comme "un détenu de confiance à qui on avait confié la distribution des repas pour les co-détenus de son unité d'hébergement", précise le syndicaliste. "Ce qui est surprenant pour nous car on savait que c'était un détenu qui avait un potentiel très élevé", dénonce-t-il. 

Benjamin Rieth