BFMTV
Police-Justice

Pour "garder le contact" avec les jeunes, la police nationale se lance sur TikTok

Après Facebook, Twitter et Snapchat, la police nationale se lance ce jeudi sur TikTok. Sonia Fibleuil, porte-parole de la police nationale, revient pour BFMTV.com sur les enjeux de ce nouveau compte, dédié à la jeunesse.

Après Facebook, Twitter et Snapchat, la police nationale se lance ce jeudi sur TikTok, réseau social prisé des jeunes: 41% des utilisateurs français se situent en effet dans la tranche des 15-24 ans. L’institution espère ainsi diffuser un message positif sur la profession, alors que près d’un jeune sur deux n’a pas confiance en la police.

Sonia Fibleuil, commissaire divisionnaire et porte-parole de la police nationale, revient pour BFMTV.com sur les enjeux de ce nouveau compte.

TikTok est - à l’origine - un réseau social dont l’intérêt est de partager des vidéos ou des challenges en musique. Est-ce la place de la police nationale?

La place de la police est d’être au cœur de la société. La police s’adapte aux vecteurs de notre société. Actuellement, ce sont indéniablement les réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. Nous avons besoin de garder le contact avec eux.

La situation est semblable à celle des parents avec leurs enfants: il peut exister des conflits d’autorité mais il faut garder le contact à tout prix. Avec ce compte, nous voulons toucher le cœur de la jeunesse en leur montrant la police avec un pas de côté, un angle différent.

Quels contenus la police nationale va partager sur ce nouveau compte?

Un community manager et une vidéaste vont travailler exclusivement sur ce compte, afin de proposer de courtes vidéos de 10 à 15 secondes qui illustrent, en immersion, la diversité de nos métiers, nos missions, notre routine, avec un côté ludique et créatif.

Il sera possible de suivre un motard de la police nationale, un skieur des CRS montagne ou la routine d’un nageur-sauveteur CRS… Tout ce que nous pourrons montrer dans le format contraint de TikTok, nous le ferons.

Nous allons aussi défier les jeunes en leur proposant un challenge pour co-créer des vidéos. Sur un thème donné, des jeunes nous enverront des vidéos et il sera ensuite possible de faire une production commune.

Au-delà du côté ludique, ce compte est-il un nouvel outil de prévention?

Les vidéos ne seront pas moralisatrices car ce n’est pas la ligne éditoriale de l’application. Mais d’une façon décalée et positive, ce compte permettra aussi de diffuser des messages de prévention sur des problématiques qui touchent spécifiquement la jeunesse, comme par exemple le binge drinking.

Est-ce un moyen de recréer du lien entre la police et la jeunesse?

Nous souhaitons faire découvrir aux jeunes notre univers et leur partager un message qu’ils n’ont pas l’habitude de voir sur les réseaux sociaux. Ce compte permettra de rappeler notre devise 'Protéger, le plus beau des métiers', souvent occultée par l’image véhiculée notamment dans les médias.

Il est vrai que cette partie de la population est l’une des plus touchées par les messages de nos détracteurs. Ce nouveau projet répond en partie à cette problématique, bien que ce ne soit pas l’alpha et l'oméga de la solution. Enfin, l’intérêt est aussi de leur donner envie de nous rejoindre. Nous sommes en pleine campagne de recrutement et les jeunes sont notre cœur de cible.

Les questions de sécurité seront l’un des enjeux majeurs des prochains scrutins. Est-ce l’une des raisons pour lesquelles la police nationale se développe autant sur les réseaux sociaux?

Il n’y a aucune corrélation. Nous faisons de l’expertise technique, de la mise à l’honneur des femmes et des hommes de l’institution. Nous sommes dans l’explication, le décryptage de nos missions, alors que parfois notre tribune est limitée, voire inaudible. Nous ne faisons pas de politique, nous nous devons simplement d’être au cœur de la population.

Esther Paolini Journaliste BFMTV